La Lettonie fait arrêter puis expulser la productrice en chef d’une agence de presse russe

La Lettonie fait arrêter puis expulser la productrice en chef d’une agence de presse russe© Ints Kalnins Source: Reuters

Ella Taranova, productrice en chef de l’agence d’information internationale russe Rossiya Segodnya, a été arrêtée à la frontière lettonne puis expulsée, alors qu’elle se rendait à une conférence qui traite des relations entre l’Europe et la Russie.

Le 21 octobre, la journaliste russe Ella Taranova a été renvoyée chez elle en avion, après avoir été arrêtée à son hôtel puis retenue par des gardes-frontières en Lettonie, a rapporté l’agence de presse russe RIA Novosti.

Détentrice d’un visa permettant de se rendre dans les pays de l’espace Schengen, Ella Taranova était arrivée dans le pays le 21 octobre, aux côtés d’autres journalistes russes, et a déclaré n’avoir rencontré «aucun problème en passant les contrôles frontaliers».

La situation s’est compliquée lorsque, plusieurs heures après s’être enregistrée dans son hôtel, deux gardes-frontières lettons sont venus lui annoncer que son nom était sur une liste noire et qu’elle devait quitter le pays, indique l’agence russe TASS.

«Il semble que depuis le 5 août 2014, je suis sur une liste de personnes indésirables des services de sécurité», a-t-elle expliqué à RIA Novosti. Elle a précisé qu’elle n’était au courant de rien, si ce n’est d’avoir été «invitée à une conférence du forum balte», qui a lieu le 22 octobre dans la ville de Jurmala.

Organisé chaque année depuis 1998, ce forum regroupe cette année des experts, des diplomates et des hommes politiques qui y abordent la nature des relations entre la Russie et l’Union européenne. Ella Taranova a pour sa part assisté à plusieurs de ces conférences avant d'être blacklistée en 2014, sans rencontrer de problèmes.

La productrice poursuit le récit de sa mésaventure : «On m’a expliqué que les gens sur cette liste constituaient une menace et un risque pour la sécurité de la République de Lettonie. C’est dégueulasse. Je n’étais et ne suis impliquée dans aucune activité politique.»

C’est une honte

La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, a dénoncé l’incident en twittant : «C’est une honte.»

Le ministère russe des Affaires étrangères a lui aussi condamné l’incident, indiquant : «Cet événement regrettable rentre parfaitement dans le moule des actions antirusses visant à supprimer la différence d’opinion et à restreindre la liberté d’expression».

«L’existence de listes noires, le critère pour y être inclus, qui est d’être un journaliste professionnel, est inacceptable dans un Etat démocratique et contraire à tous les engagements internationaux visant à garantir la liberté d’expression», poursuit le communiqué du ministère.

Les tensions entre la Russie et la Lettonie se sont accrues au début de la crise ukrainienne, Riga se lançant dans une campagne d’éradication de ce qu’elle considère comme de la «propagande» russe. En mai, les autorités lettonnes avaient déjà bloqué le site internet local de l’agence d’information russe Sputnik, prétextant que ce dernier violait les lois européennes.

De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que les actions de la Lettonie n’étaient «rien de moins que de la censure».

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