Syrie : 22 personnes tuées dans un attentat suicide ciblant un mariage

- Avec AFP

Des personnes transportant un individu blessé dans l'hôpital Al Rahma, à l'issue de l'attentat du 3 octobre près de Hassaké.© DELIL SOULEIMAN Source: AFP
Des personnes transportant un individu blessé dans l'hôpital Al Rahma, à l'issue de l'attentat du 3 octobre près de Hassaké.

Un djihadiste a causé la mort de 22 personnes près de la ville de Hassaké, dans une région de Syrie contrôlée par les Kurdes. L'attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique.

«Un kamikaze s'est fait exploser à l'intérieur d'une salle dans le village de Tall Tawil, au nord de Hassaké, où se déroulait le mariage d'un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS), tuant au moins 22 civils», dans la soirée du lundi 3 octobre, a indiqué une source citée par l'agence AFP. Elle faisait là référence à la coalition arabo-kurde qui combat l'EI avec l'appui des Etats-Unis. Une autre source a affirmé à l'AFP qu'il y «avait plus de 20 morts et des dizaines de blessés», dont beaucoup se trouvaient encore dans un état grave.

L'administration semi-autonome kurde a rapporté que le marié figurait parmi les morts. Mais, contacté par l'AFP, un de ses cousins a indiqué que «les mariés étaient sains et saufs».

Le groupe djihadiste Etat islamique a revendiqué l'attaque, affirmant dans un communiqué tard dans la soirée qu'un de ses membres avait tiré sur un «grand rassemblement» de combattants kurdes à la périphérie de la ville de Hassaké, avant de faire détonner sa veste explosive. Cette revendication, qui ne fait pas référence à un mariage, évoque un bilan de «plus de 40 morts».

Hassaké est contrôlée par les forces kurdes, bête noire de l'Etat islamique qui combat le groupe depuis deux ans et l'a chassé de plusieurs de ses fiefs.

Les médias n'ont pas été autorisés à filmer les lieux. Le correspondant de l'AFP a pu voir depuis l'entrée l'enseigne de la salle effondrée, des flaques de sang, et les hauts-parleurs carbonisés ou détruits. Dans l'un des hôpitaux d'Hassaké, il a constaté la présence de nombreux blessés, la tête ensanglantée avec des pansements autour du visage.

© Abd Doumany Source: AFP

«Au moment où les mariés s'échangeaient les alliances, j'ai vu un homme vêtu d'une épaisse veste noire passer à côté de moi», a raconté Ahmad, blessé à la tête. «J'ai trouvé son aspect bizarre et quelques secondes après il y a eu une énorme explosion», a-t-il raconté, avant d'ajouter : «Les gens sont tombés par terre, j'ai vu tout de suite des corps déchiquetés.»

Un autre témoin, blessé à la jambe, a raconté qu'il se tenait debout au fond de la salle quand «une immense explosion a retenti». «J'ai entendu les gens hurler et j'ai vu des mares de sang», a-t-il poursuivi.

Hassaké, tenue quasiment entièrement par les forces kurdes, a été fréquemment prise pour cible par Daesh. Les combattants kurdes et les troupes syriennes étaient parvenus à mettre fin à l'occupation de la ville par les djihadistes en juillet 2015, à l'issue de violents affrontements. A la pointe du combat contre Daesh, les Kurdes ont remporté récemment plusieurs victoires dans le nord et l'est du pays, mais les terroristes ont répliqué par une série d'attentats.

Déclenchée en 2011, la révolte en Syrie contre les autorités s'est transformée en guerre dévastatrice dans laquelle sont maintenant impliqués un multitude d'acteurs locaux, régionaux et internationaux dont des groupes djihadistes redoutés, comme l'Etat islamique. En cinq ans, le conflit a fait plus de 300 000 morts et des millions de déplacés.

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