Dilemme moral et financier : le Sénat américain face au vote du blocage de la vente d’armes à Riyad

Le ministre américain de la Défense, Ash Carter, et  le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe, Abdul Latif bin Rashid Al Zayani © Faisal Nasser Source: Reuters
Le ministre américain de la Défense, Ash Carter, et le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe, Abdul Latif bin Rashid Al Zayani

Le Sénat américain doit se prononcer, ce 21 septembre, sur un projet de loi visant à bloquer une vente d’armes de 1,15 milliard de dollars à l’Arabie saoudite. En août, 64 sénateurs avaient demandé à Barack Obama de mettre un terme à cette vente.

Le contrat de vente d’armes à l’Arabie ne fait pas l’unanimité au sein du Sénat américain. Un groupe de sénateurs des deux partis, dirigé par le républicain Rand Paul et le démocrate Chris Murphy, cherche à bloquer cette vente d’armes de plus d’un milliard de dollars, et justifie cette initiative en expliquant que les frappes aériennes de la coalition menée par Riyad ont tué de nombreux civils au Yémen.

«Nous devons participer aux débats [pour déterminer si] nous nous engageons dans une guerre. Puis nous devons débattre des détails pratiques, pour établir si c’est une bonne idée ou non d’être impliqués dans la guerre au Yémen», a confié à Reuters Rand Paul, inquiet du fait que ce conflit puisse déstabiliser un peu plus la région et engendrer la naissance d’un groupe terroriste comme Daesh en Syrie.

Le Yémen n’est pas le seul sujet d’inquiétude pour ces sénateurs qui contestent ce contrat d'armement avec Riyad. Nombreux sont ceux qui considèrent la promotion par l’Arabie saoudite d’une forme extrême de l’islam comme contraire aux intérêts américains. «Nous les avons laissés s’en tirer. Parce qu’ils sont moins pires que les autres au Moyen-Orient, nous continuons de leur livrer des armes», déplore Rand Paul.

«L’Arabie saoudite est un bon allié»

Certains sénateurs s’opposent à cette tentative et sont prêts à défendre le contrat avec Riyad jusqu’au bout. «Je pense qu’il est important que les Etats-Unis maintiennent d'aussi bonnes relations que possible avec l’Arabie saoudite. Et j’espère que nous ferons échouer cette résolution d’annulation de la vente d’armes», a déclaré le sénateur républicain Mitch McConnell, qualifiant le royaume saoudien de «bon allié».

Le 9 août, le Pentagone a annoncé que le département d’Etat avait approuvé la vente de plus de 130 chars, 20 véhicules blindés et équipements militaires variés à l’Arabie saoudite. Le démocrate Ted Lieu et le républicain Mick Mulvaney ont alors lancé une campagne afin de bloquer cette vente.

Lire aussi : Les Etats-Unis vendent des chars à l'Arabie saoudite sur fond de reprise des raids au Yémen

10 000 morts au Yémen depuis le début de l’opération menée par Riyad

En mars 2015, l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition des pays arabes pour venir en aide au président sunnite déchu Abd-Rabbu Mansour Hadi. L’intervention a jusqu'à présent causé la mort d’au moins 10 000 personnes, dont 4 000 civils, selon des estimations de l’ONU. La majorité de personnes ont été tuées dans les frappes aériennes, certains d’entre elles ciblant des écoles, des hôpitaux et des marchés.

Lire aussi : Un tiers des frappes saoudiennes au Yémen ont visé des cibles civiles, selon un rapport britannique

Selon une étude réalisée par The Guardian, la coalition a frappé plus de cibles civiles que militaires au Yémen. Moins de la moitié des frappes étaient à caractère militaire. Au moins un tiers d’entre elles ont été effectuées en ciblant des installations civiles.

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