Ayrault, grand inconnu de la ministre des Affaires étrangères du cabinet fantôme travailliste?

Au Royaume-Uni, la député travailliste Emily Thornberry, ministre des Affaires étrangères du «shadow cabinet» travailliste, a accusé de sexisme un journaliste qui lui demandait de nommer son homologue français.

Interrogée sur la chaîne Sky News par le présentateur Dermot Murnaghan, la député travailliste Emily Thornberry a accusé son interlocuteur de faire preuve de sexisme à son encontre en lui posant des questions-pièges. 

Alors que le débat portait sur les négociations du Brexit, le journaliste a demandé à la responsable politique si elle pouvait nommer le ministre français des Affaires étrangères. Emily Thornberry n'a pas souhaité répondre et a préféré botter en touche : «Peut-on parler de choses sérieuses ? Pourquoi ne pas parler de la Syrie, de la Corée du Nord ?», a-t-elle rétorquée, ajoutant que le journaliste n'aurait jamais posé une telle question à un homme politique. 

Dermot Murnaghan, le présentateur de Sky News, s'est défendu en rappelant qu'il avait interrogé un autre travailliste Alan Johnson en 2011 sur le taux de l'assurance nationale. Le responsable politique, en charge des sujets économiques au sein du parti avaient été incapable de répondre à cette question relativement simple pour beaucoup de britanniques.

Le journaliste a choisit ensuite d'interroger son interlocutrice sur l'antisémitisme au sein du Parti Travailliste. Plusieurs responsables du parti ont en effet été accusé ces derniers mois d'avoir tenu des propos antisémites.

«Nous nous occupons de ce problème, mais je pense que ce type de propos discriminatoires existe aussi chez les conservateurs, notamment quand il s'agit de sexisme. Et je pense que, sur ce sujet, certains présentateurs de Sky News devraient aussi se poser quelques questions sur eux-même» a répondu Emily Thornberry, ajoutant : «Ce qui me dérange, c'est que vous n'avez ce type de question que face à moi, et pas quand il s'agit de quelqu'un d'autre.» 

«C'est faux, c'est simplement que vous êtes responsables des Affaires étrangères au sein du parti travailliste et qu'aujourd'hui, Boris Johnson a rencontré le ministre français Jean-Marc Ayrault», lui a répondu le journaliste. Finalement, Emily Thornberry a déclaré qu'elle s'expliquerait avec le journaliste sur ce sujet hors antenne.

Plus tard, interrogé sur cet incident sur les ondes de la BBC, la député travailliste a expliqué avoir un différend depuis plusieurs années avec le présentateur. Lorsqu'elle était responsable de la Défense au sein du «shadow cabinet» travailliste, le journaliste Dermot Murnaghan aurait sous-entendu dans un entretien qu'elle ne maîtrisait pas son sujet. «Il y a des sujets plus graves, comme la Syrie. Nous n'avons pas le temps de nous amuser, car non, je ne connais pas le nom des responsables des Affaires étrangères des 192 pays dans le monde», a-t-elle affirmé. 

Le sexisme en débat sur les réseaux sociaux 

Sur les réseaux sociaux, l'argumentaire de Emily Thornberry fait débat : le présentateur de Sky News a-t-il fait preuve de sexisme, ou a-t-il eu raison de poser une telle question ?

Isabel Hardman, éditrice adjointe du journal The Spectator a estimé de son côté : «Hum, jamais je n'aurais penser que je pouvais utiliser le sexisme comme excuse pour faillir à mes responsabilité»

Même position de la part d'un autre journaliste britannique, Matt Chorley : «Cette question aurait été sexiste si Munraghan avait posé des questions à Thornberry sur des recettes de cuisine ou son coiffeur, mais pas s'il lui demande à qui elle devrait s'adresser si elle arrivait au pouvoir»

«Il y a suffisamment de véritable sexisme et de misogynie en politique pour ne pas affaiblir le terme en voulant masquer ses propres erreurs», a tweeté la chef du parti conservateur écossais Ruth Davidson. 

Mais le député travailliste Paul Flynn est venu à rescousse de sa collègue : «Alors qu'une guerre nucléaire menace, on ne devrait pas banaliser la situation avec des petites questions comme celles de Murnaghan.»

«Emily Thornberry a tout a fait raison de protester contre ces questions sur des noms au lieu de parler des vrais problème», a tweeté de son côté Pete Wishart, député du parti national écossais.

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