«Il faut négocier avec Daesh» : Owen Smith, candidat aux primaires du Labour, forcé de s'expliquer

Owen Smith. Capture d'écran BBC. D.R.
Owen Smith. Capture d'écran BBC. D.R.

Alors que la campagne des primaires travaillistes bat son plein au Royaume-Uni après le choc politique du Brexit, les adversaires du challenger de Jeremy Corbyn ont eu beau jeu de s'engouffrer dans la brèche. Owen Smith a dû tempérer ses propos.

«Je pense qu'en définitive la solution à cette crise internationale [en Syrie] ne sera trouvée qu'en renouant le dialogue, aussi tous les acteurs devront être réunis autour de la table des négociations», a déclaré Owen Smith Interrogé par les journalistes de la BBC sur la place à donner à Daesh dans la recherche d'une solution au conflit en Syrie. Faite à l'occasion d'un débat télévisé sur la BBC lors duquel les deux prétendants à la direction du Labour s'affrontaient directement pour la première fois devant les caméras, la déclaration d'Owen Smith pourrait bien être un faux-pas.

L'occasion de mettre Owen Smith était trop belle pour les partisans de Jeremy Corbyn, en difficulté alors qu'il fait face à une fronde dans son propre parti. Ce dernier a exclu toute participation de Daesh à des discussions sur l'avenir du Moyen-Orient.

Un porte-parole de Jeremy Corbyn a ainsi qualifié l'assertion d'Owen Smith d'«irréfléchie et hâtive», et la proposition d'Owen Smith a été critiquée jusque dans les rangs du Parti conservateur.

«Dans ses tentatives vaines pour battre Corbyn, Smith en arrive à la conclusion que des assassins barbares qui décapitent les journalistes et lynchent des homosexuels sont du genre à vouloir négocier», a lancé le député tory Johnny Mercer.

Rétropédalage sur Facebook

Aussi Owen Smith s'est-il vu obligé de clarifier sa position, à l'occasion d'un live-chat sur Facebook, quitte à rétropédaler : avant de s'asseoir à une table, l'organisation terroriste – dont la raison d'être est l'instauration d'un califat par la guerre – devra, selon lui, «renoncer à la violence, cesser de mener des actions terroristes et se consacrer à la paix».

Après le vote du 23 juin dernier en faveur du Brexit, 172 parlementaires travaillistes sur 230 avaient voté une motion de défiance contre le leader travailliste critiqué pour une campagne trop molle en faveur du «remain», déclenchant l'organisation de primaires. Les militants travaillistes doivent voter entre le 22 août et le 21 septembre pour départager les deux hommes.

Lire aussi : Le Brexit pourrait être reporté à fin 2019

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