Après un rapport allemand qui l'accuse de favoriser l'islamisme, Ankara dénonce un «complot»

Mevlüt Çavusoglu, ministre des Affaires étrangères de la République de Turquie Source: Reuters
Mevlüt Çavusoglu, ministre des Affaires étrangères de la République de Turquie

Furieuse après la publication d'un rapport soutenant qu'elle est devenue un foyer islamiste, Ankara a violemment réagi, ajoutant de l'huile sur le feu à une situation diplomatique déjà tendue avec l'Allemagne et l'Union européenne (UE).

«Un complot contre le président Erdogan.» C'est en ces termes qu'Ankara a dénoncé mercredi 17 août, le compromettant rapport des services allemands divulgué la veille par le ministère de l'Intérieur. 

La Turquie n'a pas apprécié être qualifiée dans ce document de «plateforme et l'islamisme au Moyen-Orient» et qu'on accuse son président d'entretenir des réseaux islamistes et terroristes, notamment le Hamas et les Frères musulmans égyptiens, ainsi que «différents groupes islamistes en Syrie». 

De longs mois avant la publication de ce rapport, la Russie avait déjà mis en garde l'UE à propos des liaisons dangereuses entre la Turquie et Daesh, pour qui les Kurdes sont un ennemi commun. 

Après ces révélations, le ministre allemand des Affaires européennes Michael Roth, a annoncé que son pays continuerait de s'inquiéter de la situation en Turquie tant que le président turc continuerait à mener sa purge, qui a conduit plus de 35 000 personnes derrière les barreaux dans une chasse aux sorcières contre les putschistes du 15 juillet. 

Dégradation des relations diplomatiques

Michael Roth a par ailleurs rappelé que l'accord avec la Turquie sur les réfugiés, qui pourrait permettre aux citoyens turcs d'être exemptés de visa pour se rendre dans l'espace Schengen en échange de la prise en charge des réfugiés, ne serait validé qu'une fois 72 conditions déterminées remplies. 

La Turquie reste pourtant un partenaire clé pour la gestion de la crise migratoire européenne, puisque nombre de réfugiés transitent par ses frontières. Le 18 mars 2016, l’UE et la Turquie ont signé un accord pour «une gestion commune de la crise des migrants», qui prévoit une aide européenne de trois milliards d’euros en 2016-2017 destinée au financement de l'accueil par la Turquie de réfugiés syriens et irakiens. Plus de trois millions de Turcs vivent par ailleurs en Allemagne. 

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