Human Rights Watch appelle la Jordanie à faciliter l'accès à l'école des enfants syriens

© ARIS MESSINIS Source: AFP

L'ONG a exhorté les autorités jordaniennes à accueillir dans les écoles du royaume un plus grand nombre d'enfants de migrants. Plus de 80 000 d'entre eux, présents dans le pays, seraient actuellement exclus du système éducatif.

Alors que le conflit syrien a précipité en Jordanie un nombre considérable de réfugiés, l'ONG Human Right Watch pointe du doigt, dans un rapport intitulé «Nous avons peur pour leur avenir», les obstacles à l'accès à l'éducation des enfants syriens.

D'après l'organisme humanitaire international, seuls les enfants ayant été officiellement enregistrés comme demandeurs d'asile peuvent être admis dans les écoles, ce qui exclut de nombreuses familles ne disposant pas des documents nécessaires pour réaliser une telle démarche. De plus, les enfants de migrants syriens n'ayant pas été scolarisés depuis trois ans ou plus ne sont pas acceptés dans les établissements jordaniens.

En outre, les autorités du pays interdiraient l'accès à l'école aux enfants syriens travaillant illégalement. Or, d'après Human Right Watch, le nombre de ces derniers aurait quadruplé depuis 2011.

Conséquence de toutes ces mesures : sur les 226 000 enfants de nationalité syrienne que compte la Jordanie, plus de 80 000 ne seraient pas scolarisés.

Le royaume hachémite débordé par les flux migratoires

La Jordanie se trouve en première ligne de la vague migratoire provoquée par le guerre ayant éclaté en 2011 dans la Syrie limitrophe. Actuellement, entre 630 000 (selon les chiffres de l'ONU) et 1,3 million (selon Amman) migrants se trouvent sur le territoire du royaume.

Une quantité de refugiés qui, pour les autorités jordaniennes, est dans tous les cas bien au-dessus de ses capacités. Dans un entretien accordé lundi 15 août au quotidien al-Destour, le roi Abdallah II a fait savoir que son pays avait atteint ses limites en matière d'accueil des migrants et a appelé la communauté internationale à «partager cette responsabilité», car il s'agit selon lui d'une crise internationale.

Lire aussi : Human Rights Watch : des garde-frontières turcs frappent et tuent des réfugiés syriens

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