Ahmed, arrêté pour avoir apporté une horloge à l'école, va quitter les Etats-Unis pour le Qatar

© Capture d'écran Twitter

Près d'un an après avoir été arrêté par la police et fait la Une des médias pour avoir apporté dans son école une horloge que le personnel avait pris pour une bombe, l'adolescent dit devoir quitter le Texas car il ne s'y sent pas en sécurité.

Dans un entretien accordé au Los Angeles Times, le jeune Ahmed Mohamed affirme qu'il lui faut quitter le Texas où il fait ses études pour retourner au Qatar à cause des suites de l'affaire dite «de l'horloge». «Pour la sécurité de ma famille, je dois y retourner, car aujourd'hui, le Texas n'est plus un endroit sûr pour ma famille et pour les minorités religieuses en général», a-t-il déclaré à la sortie d'une conférence de presse à Dallas. 

L'histoire remonte à septembre 2015. Elle se passe à Irving au Texas. Le jeune Ahmed, 14 ans mais déjà petit génie en sciences et inventeur en herbe, ramenait dans son école une horloge qu'il avait lui-même fabriquée à la maison. Elle était munie d'un écran numérique et d'un circuit électronique. Fier de son invention, il voulait simplement la montrer à son professeur de technologie, espérant obtenir de ce dernier un compliment pour son travail. 

Manque de chance, dans un contexte de crainte permanente d'actes terroristes, son geste avait déclenché une véritable hystérie. Cette horloge ne dissimulerait-elle pas une bombe ? Ce garçon, ne serait-il pas un terroriste voulant faire sauter l'établissement ? Pourquoi venir à l'école avec une horloge, sinon pour perpétrer un macabre attentat ?

Ahmed avait donc été arrêté par la police et suspendu durant trois jours de son établissement, la MacArthur High School, en banlieue de Dallas, au prétexte qu'il aurait voulu, au pire, commettre un attentat à l'aide d'un bombe artisanale, au mieux, faire un canular. Ce n'est qu'au bout de trois jours que la police a abandonné toutes les charges qui pesaient contre le jeune homme.

Ahmed raconte que, dans les semaines qui ont suivi l'incident, il a vécu l'enfer, contraint de sortir «le visage camouflé sous un sweat à capuche et des lunettes noires afin de ne pas être reconnu». 

Nombreux ont été les gens qui ont soutenu le jeune homme, qui a toujours dit qu'il voulait simplement apporter son invention à l'école pour la montrer à ses professeurs. L'adolescent avait même reçu le soutien de Barack Obama qui l'avait invité à la Maison Blanche. Dans un tweet, le président américain avait félicité Ahmed en postant : «Ahmed, ton horloge est vraiment cool. Cela te dirait de l'amener à la Maison Blanche ? L'Amérique a besoin de plus de jeunes gens comme toi, c'est ce qui fait sa force.»

 

L'incident avait provoqué une avalanche de critiques dans le monde entier. Une photo d’Ahmed menotté, portant un T-shirt orné d’un logo de la NASA avait été diffusée sur internet. Des internautes ont même créé le hashtag #IStandWithAhmed.

La famille de l'adolescent porte plainte

Malgré cet élan de solidarité, au vu des humiliations quotidiennes qu'a dû subir l'adolescent après ce triste malentendu, sa famille a décidé de porter plainte contre l'Irving Independent School District et le directeur de l'établissement scolaire.

La plainte allègue notamment que le jeune homme, qui a hérité du surnom «Clock Kid» [le garçon à l'horloge], a été victime de discriminations et de persécutions quotidiennes liées à ses origines et à sa confession musulmane. Il affirme avoir dû quitter les Etats-Unis. 

Selon Ahmed, l'Etat du Texas entretiendrait un sentiment hostile envers les musulmans dans les programmes scolaires, adoptant un programme d'enseignement édulcoré en ce qui concerne les droits civiques, les libertés religieuses, les relations des Etats-Unis avec les Nations unies et d'autres sujets cruciaux. 

L'affaire ayant fait grand bruit, la famille Mohamed a été invitée au Qatar, afin que le jeune prodige y poursuive ses études au moyen d'une bourse destinée aux jeunes innovateurs. 

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