Danemark : le parti au pouvoir demande la fin des négociations d'entrée de la Turquie dans l'UE

Source: Reuters

Le parti libéral danois, le premier parti du pays dont est issu le premier ministre, appelle l'Union européenne à rompre les négociations d'entrée de la Turquie. La raison invoquée ? Le tournant autoritaire d'Erdogan depuis le putsch manqué.

«Une ligne rouge a été franchie, ce qui rend impossible une adhésion à l'Union européenne» a déclaré ce mardi 9 août le porte-parole du Parti libéral danois Michael Aastrup Jensen. 

«Cette situation devrait conduire à un arrêt des négociations et à un retrait de la Turquie des pays candidats» précise le porte-parole.

Le ministère des Affaires étrangères danois n'a pas encore réagit.

Depuis le coup d'Etat manqué le 15 juillet 2016, Recep Tayyip Erdogan procède à des purges massives dans les différentes institutions du pays et propose de rétablir la peine de mort, suscitant la désapprobation et la colère de nombreux pays européens et de Bruxelles.

Le 18 juillet, Berlin à déclaré que la réintroduction de la peine de mort en Turquie serait «la fin des négociations d'adhésion», tandis que le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz, estimait qu'il était «inacceptable» que la Turquie réintroduise la peine capitale. 

Les discussions sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne remontent à 1963, quand Ankara et Bruxelles ont rédigé un accord d’association stipulant que le pays aurait pour objectif de devenir un membre de l’Union. Après avoir officiellement déposé sa candidature en 1987, la Turquie a entamé des pourparlers d’adhésion seulement en 2005. Ankara a fait peu de progrès jusqu’à ce jour pour répondre aux critères nécessaires exigés par Bruxelles.

Le processus d'intégration de la Turquie à l'Union européenne aurait pu s'accentuer ces derniers mois : depuis mars 2016, Ankara s'est engagé à stopper les flux de réfugiés qui tentent d'atteindre l'Europe et notamment la Grèce en passant par la Turquie. En échange, l'Union européenne avait promis de financer une partie de cet accueil des migrants, d'exempter de visa les citoyens turcs dans l'espace Schengen et d'accélérer le processus d'intégration de la Turquie dans l'UE.

Mais pour l'instant, malgré cet accord les négociations d'entrée dans l'UE stagnent et Bruxelles refuse de libéraliser les visas européens pour les citoyens turcs, estimant que la Turquie ne respecte pas tous les critères prévus (notamment une modification de la législation antiterroriste turque, jugée pour l'instant trop repressive et menaçant la liberté d'expression).

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