Maroc : appels à la démission de deux ministres après une affaire de biens mal acquis

Source: Reuters

Les ministres de l’Economie et des Finances et de l’Intérieur sont pressés de démissionner par la Coalition marocaine des instances de défense des droits de l'Homme. Ils auraient abusé de leur position pour acheter des terrains au rabais.

Scandale au Maroc. Mohamed Boussaid et Mohamed Hassad, respectivement ministre de l’Economie et des Finances et ministre de l’Intérieur sont dans la tourmente. Ils sont accusés de compter parmi les notables dont les noms ont été révélés qui auraient profité de leur position pour bénéficier de la cession de lots de terrain à des prix dérisoires.

Le 26 juillet, le site d’information arabophone Lakome a en effet dévoilé en exclusivité la liste complète des bénéficiaires des soixante-dix lots d'un lotissement appelé Zahria, avec des informations détaillées concernant le numéro du titre foncier, la superficie, la date d’acquisition et même le montant du lot. 

Suite à ces révélations, le groupement des associations des droits de l’Homme a réclamé la démission des deux ministres et l’ouverture d’une enquête administrative pour «l’affaire des commis de l’Etat».

Le coordinateur de la Coalition, Abderrezak El Ghanbour, cité dans l’édition du lundi 1er août du journal Akhbar Al Yaoum, qualifie l'acquisition de ces lots par des fonctionnaires de l’Etat, d’anciens ministres, des conseilleurs du roi et des walis (gouverneurs), de «non valable et nécessitant une enquête».

Selon l'ONG Transparency Maroc, citée par le site d'information marocain Yabiladi, les deux ministres se seraient étonnés que «l’attribution discrétionnaire de rentes et de privilèges» puisse «susciter une quelconque indignation».

La Coalition compte interpeller le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane pour répondre à ses revendications et suivre de près ses actions. La démission des deux ministres reste la principale revendication des associations des droits de l’Homme, afin d’«éviter toute pression sur le cours de l’enquête». 

Le premier notable dont le nom a été divulgué est le gouverneur de Rabat, Abdelouafi Laftit. Il aurait acheté un terrain non bâti dans la capitale, pour 32 euros le mètre carré, alors que le prix moyen du mètre carré tourne normalement autour de 2500 euros pour des habitations dans des quartiers huppés de Rabat. Selon Lakome, les acquisitions en question portent sur des terrains d’une superficie de 3 000 à 5 000 mètres carrés.  

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