Recep Tayyip Erdogan : parcours d'un pacha turc controversé

Source: Reuters

Le dirigeant nationaliste est menacé par un coup d'Etat. Quelques éléments de chronologie et de biographie d'un homme qui a accédé au pouvoir en se présentant comme un réformateur mais aussi en s'appuyant sur l'islamisme.

Erdogan est un ancien joueur de football semi-professionnel, et c'est de cette manière qu'il met le pied à l'étrier de la politique. 

Il est élu maire d'Istanbul en 1994, mais perd son mandat en 1999 quand il est arrêté pour avoir fait un discours qualifié d'incitation à la haine. il avait en effet déclaré : «Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats.»

En 2001, Erdogan fonde son propre parti l'AKP, le «Parti de la justice et du développement».

Il accède au poste de Premier ministre en 2003 et il est élu président de la Turquie en 2014.

Erdogan s'est toujours présenté comme un réformateur social, mais, à la différence du laïc Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne, Erdogan s'est appuyé sur l'armée et les islamistes. Ses liens avec l'Etat islamique sont  pour le moins troubles, l'homme jouant sur plusieurs tableaux, notamment en Syrie, où il est suspecté d'appuyer l'Etat islamique tout en ménageant l'OTAN dont la Turquie est membre.

Le 24 novembre 2014, il affirme ainsi, se référant au Coran, que les femmes ne peuvent être considérées comme les égales des hommes et que selon l'islam le rôle des femmes dans la société est de faire des enfants. Il affirme aussi que les féministes ne peuvent pas le comprendre «parce qu'elles n'acceptent pas l'idée même de la maternité».

Le président turc a par ailleurs un penchant pour l'autoritarisme, gouvernant son pays d'une main de fer. Des journalistes ont ainsi été arrêtés et jugés et Erdogan a poursuivi pas moins de 268 personnes pour offense. En octobre 2015, il n'hésite pas, bien qu'il soit chef d'Etat, à venir galvaniser quelque 12 000 Turcs de la diaspora résidant en France et en Allemagne. Erdogan, après une prière inaugurale, avait alors harangué la foule en liesse qui scandait des «Allahou Akbar». Erdogan avait alors été ovationné comme une rock-star.

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