Un Marine utilise un compte email non sécurisé, il demande le même traitement qu’Hillary Clinton

Jason Brezler© Capture d'écran, source : whatyouthoughtiwentaway.wordpress.com
Jason Brezler

Un officier américain qui fait face à une accusation pour mauvaise gestion d’information sensible demande à recevoir le traitement qu’a reçu Hillary Clinton quand le FBI a choisi de clore l’enquête concernant le stockage de ses emails classifiées.

Le major Jason Brezler du corps des Marines des Etats-Unis a été interpellé dans le cadre d’un conflit avec le corps des Marines après l’utilisation d’un compte non sécurisé Yahoo pour envoyer un message secret prévenant des collègues militaires à propos d’un chef de police afghan potentiellement corrompu en juillet 2012.

17 jours après l’envoi du courriel, un subordonné de ce chef de police a tué trois soldats de l’armée américaine et en a gravement blessé un quatrième lorsqu’il a ouvert le feu avec un fusil d’assaut.

Après l’incident, Jason Brezler a été puni par un rapport qui risque de mettre un terme à sa carrière pour avoir envoyé ce message via des canaux inadéquats. L’affaire a été portée devant les tribunaux en 2014 et est toujours en cours devant une Cour fédérale.

Michael J. Bowe, un des avocats de Jason Brezler, indique que son client a reçu «un verdict complétement à l’opposé [de celui rendu à Hillary Clinton]… sur des informations bien moins sensibles» en comparaison à l’affaire dans laquelle a été mouillée l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, a rapporté The Washington Post.

Mardi 5 juillet, le patron du FBI James Comey a recommandé qu’aucune accusation criminelle ne devrait être intentée contre Hillary Clinton, bien qu’il estime personnellement qu’elle et son personnel ont été «extrêmement négligents» dans leur gestion de matériel classifié.

Le jour suivant, la ministre de la Justice américaine Loretta Lynch a indiqué que le ministère avait clos l’enquête concernant le stockage des emails classifiées et qu’aucune accusation criminelle ne s’en suivra.

Jason Brezler, qui est toujours réserviste, travaille à plein temps pour les pompiers de la ville de New York. Il n’a pas été inculpé pénalement dans cette affaire. Cependant, il a volontairement informé ses supérieurs avoir indûment diffusé de l’information et a aussi rendu ses dispositifs électroniques à la Section criminelle de la police militaire de la marine des Etats-Unis, qui a découvert que l’officier possédait plus de 100 documents classifiés sur ses appareils personnels non sécurisés, pour soi-disant l’aider à écrire un livre sur son expérience en Afghanistan.

Le comité a recommandé que Jason Brezler soit retiré du service actif en décembre 2013. La décision a été confirmé par le corps des Marines et la Marine via en appel.

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Le président du groupe des membres d’anciennes opérations spéciales et des responsables de la CIA connu comme OPSEC (Sécurité opérationnelle), Jamie Williamson, estime que Jason Brezler a été puni parce qu’il n’était qu’un officier subalterne tandis qu’Hillary Clinton a échappé aux poursuites car faisant partie de l’élite politicienne.

«Je sais que si je ferais ne serait-ce qu’une fraction de que ce que Madame Clinton a commis, nous ne serions pas ici en train de parler parce que je serais en prison depuis plusieurs mois», a expliqué Jamie Williamson à The Hill.

«Il y a de l’information classifiée qui vous met en prison quand vous la divulguez et ensuite il y a un traitement particulier si vous êtes [dans le cercle] de Clinton, je suppose», a-t-il poursuivi. «Je crois que cela envoie un bien mauvais message […] aux électeurs et à tous ceux qui sont titulaires d’une habilitation de sécurité.»

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