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Président sud-africain Jacob Zuma : L’Occident traite l’Afrique comme un ancien vassal

Les Etats «coloniaux» occidentaux ne s’intéressent pas au développement de l’Afrique du Sud, ils préfèrent prélever ses ressources naturelles et ne rien donner en retour, a indiqué le président sud-africain Jacob Zuma à RT.

«Le monde occidental ou les pays européens en particulier, sont venus en Afrique au XIXe siècle pour coloniser et se sont emparés des ressources de l’Afrique», a souligné Zuma. C’est l’investissement chinois que Zuma considère comme la voie à la prospérité.

Même après la décolonisation du continent noir au milieu du XXe siècle, ses relations avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays occidentaux «sont restées les mêmes», selon lui.

«Ils nous considèrent comme le Tiers monde, comme un genre de personnes qui sont encore leur sujet. Cela comprend aussi des relations économiques. Ils n’ont jamais eu d’intention de développer ses anciens pays coloniaux», a expliqué le dirigeant sud-africain.

Jacob Zuma estime que les choses «ne seront plus jamais les même» avec la Chine qui investit largement en Afrique depuis le début des années 2000, parce que Pékin traite ses partenaires africains en égaux.

«Les Chinois arrivent d’une autre manière. Ils sont venus pour faire des affaires avec nous… Ils sont prêts à aider. Et les pays africains sortent renforcés de cette coopération», a-t-il dit.

La Chine forme les étudiants africains et construit des autoroutes dans plusieurs pays tandis que les Etats occidentaux «bâtissent des routes entre les régions minières et les ports», a ajouté le président.

Actuellement, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique du Sud, et Jacob Zuma s’est efforcé de mettre son partenaire en confiance malgré les récentes agressions xénophobes dont des citoyens chinois ont souffert, espérant que celles-ci ne conduiront au refroidissement des relations entre Pretoria et Pékin.

La question de la xénophobie a été exagérée en Afrique du Sud, a-t-il expliqué, ajoutant que la vraie raison des attaques sort du cadre des problèmes raciaux».

Le dirigent sud-africain a remarqué que des milliers de personnes à travers le pays sont descendues dans les rues pour manifester contre la xénophobie après que cinq personnes ont succombé dans les violences à Durban à la mi-avril.

En savoir plus : nouvelles violences xénophobes en Afrique du sud, le président Jacob Zuma appelle au calme

Malgré «quelques détails ici et là», l’Afrique du Sud a été l’une des deux seules nations africaines admises dans le club 57 Etats membres-fondateurs de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures encadrée par la Chine.

Pékin et Pretoria uniront aussi les efforts pour établir la banque des BRICS, l’Afrique du Sud est prête à accueillir le pôle africain de la nouvelle institution financière. Les pays qui font partie du groupe BRICS sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Zuma a critiqué les institutions financières internationales actuelles telles que le Fonds monétaire internationale et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. «C’est très difficile d’identifier des exemples réels d’aide apportée par ces institutions», a-t-il signalé. Les pays africains auraient «rencontré encore plus de difficultés», selon lui, en s'appuyant sur leur aide.

L’idée de la Nouvelle banque internationale de développement «a apporté un nouveau souffle dans ce système», a-t-il assuré.

«Les BRICS ont créé une nouvelle banque, une banque qui développe, une banque qui va opérer différemment… Qui se concentrera sur le Tiers-Monde, et pas juste sur le Tiers-Monde, mais aussi sur les autres. Et elle a vraiment pout but de redresser les pays qui ont besoin d’aide», a dit le président.

Lors de la rencontre avec Zuma, le président russe Vladimir Poutine a préconisé le développement de BRICS qu’il voit comme un moteur économique pour la Russie et l’Afrique du Sud.

Jacob Zuma est arrivé à Moscou sur invitation du président Vladimir Poutine afin d’assister à la parade militaire du 9 mai consacrée au 70e anniversaire de la Victoire sur l’Allemagne nazie.

Il y a souligné l’importance de cette occasion «en ce temps où les gens ont une courte mémoire. Ils peuvent oublier que nous avons vécu une grave situation qui a causé beaucoup de morts».

Le président de l’Afrique du Sud a souligné que l’Union soviétique a «souffert énormément» au cours de la Seconde Guerre mondiale, en ajoutant que le «tournant décisif dans la défaite du fascisme a été accompli par les Russes».