«Diviser pour régner» : un sketch des années 80 révélait l'objectif britannique dans l'UE (VIDEO)

Les Britanniques ont toujours été soupçonnés de vouloir torpiller la construction européenne. Un pied dedans un pied dehors... Clichés ? Mais que penser lorsqu'eux-mêmes le disent ?

Afin de ne pas être taxé d'anglophobie, laissons la parole aux Britanniques eux-mêmes.

Au lendemain du Brexit, les internautes reprennent un extrait de la série satirique des années 80, Yes, Minister, qui met en scène un très fantaisiste «Département des Affaires administratives». Une façon de tourner en ridicule la complexité administrative dans une tradition humoristique typiquement britannique. La série fut un énorme succès populaire, et était même le programme préféré de la très austère Margaret Thatcher.

Un des protagonistes, Jim Hacker, parlementaire britannique, s'y épuise à faire passer des lois à cause, notamment, de l'obstructionnisme technocratique de Humphrey Appleby, qui, en tant que «Secrétaire permanent» de la Haute fonction publique de sa Majesté ne lui facilite pas beaucoup la vie et le perd dans ses raisonnements tortueux. Il revient ici sur le rôle et la stratégie du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

«Mais, dites-moi, le Foreign Office (le ministère des Affaires étrangères anglais) est pro-Europe, tout de même ? objecte Jim Hacker, qui semble envahi par le doute.

— Oui et non... si vous me passez l'expression, lui rétorque Humphrey. En fait le Foreign Office est pro-européen parce qu'il est en réalité anti-européen ! En fait l'administration est soudée et travaille comme un seul homme afin que le marché commun européen soit un échec. C'est pourquoi nous y sommes rentrés d'ailleurs. La Grande-Bretagne a toujours mené cette même politique étrangère depuis 500 ans afin que l'Europe soit bien désunie.

Ainsi nous avons fait la guerre aux Espagnols avec les Hollandais. Puis avec les Allemands contre les Français. Puis avec les Français contre les Allemands et les Italiens. Et le Foreign Office ne voit aucune raison de changer ce qui a si bien marché jusqu'ici.

Il fallait saboter la Communauté économique européenne... On avait bien essayé de l'extérieur, mais ça n'a pas marché. Maintenant que nous sommes dedans, on va pouvoir s'en donner à cœur joie ! Nous allons dresser les Allemands contre les Français, les Français contre les Italiens, les Italiens contre les Hollandais... Et le Foreign office est ravi...

— C'est d'un cynisme épouvantable, finit par hasarder un Jim hacker désabusé.

— On appelle ça de la diplomatie», conclut Humphrey.

Chassez le naturel, il revient au galop. La série touche du doigt des aspects de la politique étrangère britannique que, du reste, le général de Gaulle avaient aussi repérées. En 1963 il avait prophétisé que l'entrée du Royaume-Uni dans ce qui était alors le marché commun poserait des «problèmes d'une grande dimension». Mais le grand homme était moins drôle. 

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