Affrontements au Mexique entre policiers et enseignants : dix morts

La police antiémeute près d’une barricade en flammes après les affrontements avec les manifestants de la Coordination nationale des travailleurs de l'éducation Source: Reuters
La police antiémeute près d’une barricade en flammes après les affrontements avec les manifestants de la Coordination nationale des travailleurs de l'éducation

Dix personnes sont décédées dans l’Etat de Oaxaca, dans le sud du Mexique, lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des enseignants manifestant contre une réforme de l'éducation dimanche.

Dimanche 19 juin, les manifestants de la Coordination nationale des travailleurs de l'éducation étaient dans les rues d'Asunción Nochixtlán pour protester contre la réforme de l'éducation lancée par le gouvernement du président Enrique Peña Nieto et l'arrestation de deux de leurs leaders locaux.

Des heurts ont éclaté lorsque quelque 800 policiers sont intervenus pour déloger le millier d'enseignants qui bloquait depuis une semaine une rue de la ville à l'aide d'une centaine d'étudiants et d'autres sympathisants, dont des parents d'élèves.

Des groupes d'hommes non identifiés ont ouvert le feu lors des affrontements entre la police et les enseignants, faisant, selon le responsable de l'enquête Joaquin Carrillo, huit morts, dont sept par balles et un à cause d'une explosion, ainsi qu'une centaine de blessés. Deux autres personnes, dont un journaliste qui prenait en photo des hommes masqués se livrant à des pillages, ont été abattus dans la ville de Juchitan, dans le même Etat.

Mais Joaquin Carrillo a reconnu à de son côté que les policiers avaient dû utiliser leurs armes après être tombés dans une «embuscade» menée par 2 000 «radicaux», parmi lesquels certains étaient armés. Les autorités ont alors fait savoir que huit policiers ont été blessés par balle. Le chef de la police fédérale Enrique Galindo a insisté sur la nécessité pour la police de faire usage de leurs armes, tout en précisant que les enseignants n'étaient pas impliqués dans ces tirs.

Le ministre de l'Intérieur Miguel Angel Osorio Chong a indiqué que l'enquête permettrait d'établir si l'emploi d'armes par la police «était adéquat ou non». Des membres de la police devront témoigner devant le juge dans le cadre de l'enquête afin de déterminer «qui a commencé à tirer», a indiqué Enrique Galindo devant la presse.

Au lendemain du drame, plusieurs milliers d'enseignants ont défilé lundi dans le calme, à Oaxaca, dans le sud du Mexique, pour dénoncer un «massacre» et réclamer justice.

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