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Yémen : après le bombardement saoudien d’un hôpital de MSF, les gens ont peur de se faire soigner

Depuis qu’un centre médical de l’organisation humanitaire a été frappé par un bombardement de la coalition saoudienne, les Yéménites ont arrêté de se rendre dans les hôpitaux, malgré la guerre qui ravage le pays.

L’ONG Médecins sans Frontières (MSF) a déclaré que le récent bombardement d’un hôpital dans la région de Saada, qui a tué six personnes et en a blessé sept autres, faisait partie d’un «ensemble inquiétant d’attaques contre les services médicaux essentiels».

Le coordinateur général des projets de MSF au Yémen, Juan Prieto, a ainsi déclaré qu’après plus d’une centaine d’incidents touchant des hôpitaux, les gens évitaient désormais de se rendre dans les hôpitaux, sauf pour les urgences les plus graves.

«Les installations médicales qui devraient être des endroits de soins pour la population, ne semblent plus sécurisantes pour les patients ni pour le staff médical qui y travaille», a-t-il déclaré. Il a ajouté que «les gens considèrent toujours les hôpitaux comme une cible et essayent de les éviter autant que possible. Les seuls cas que nous recevons sont les urgences et les victimes après les attaques de masse».

Dès que les attaques sur l’hôpital de Shiara se sont achevées, les travailleurs de MSF sont retournés au travail, même s'il avait été frappé trois fois par dse missile pour la seule année 2015, a précisé Juan Prieto. Si les patients et le staff s’y sentent «mal à l’aise et menacés», l’équipe humanitaire est cependant «plus déterminée que jamais» à porter secours à la population.

Depuis mars 2015, une coalition de pays arabes avec à sa tête l’Arabie saoudite mène une campagne militaire au Yémen, contre les rebelles chiites Houthis.

Ses bombardements ont provoqué de vives critiques, notamment vis-à-vis du nombre important de victimes civiles, 2 300 au cours de ces six derniers mois. Selon les chiffres de l’Unicef, 505 enfants ont été victimes de cette campagne militaire aérienne.