Les détails des événements du 7 octobre 2023 continuent de faire surface. Cette fois, le Wall Street Journal, citant des responsables égyptiens, a rapporté le 27 septembre qu'Abbas Kamel, alors chef des services de renseignement égyptiens, aurait appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou quelques jours avant l'attaque du Hamas. Il l'aurait averti que le groupe palestinien pourrait être prêt à passer à l'action.
Le quotidien a souligné que cet appel faisait suite à deux autres alertes égyptiennes. La seconde, selon le magazine américain The Atlantic, avait été transmise en personne par Kamel, qui s'était rendu en Israël fin septembre pour rencontrer des responsables israéliens. Netanyahou dément avoir reçu ces avertissements.
Par ailleurs, selon le Wall Street Journal, l'avertissement de Kamel n'était qu'un parmi d'autres reçus par Netanyahou et par d'autres responsables israéliens avant l'attaque. D'après des sources proches du journal, le chef du gouvernement aurait aussi reçu de telles informations des Émirats arabes unis, mais elles ne l'auraient pas convaincu.
Une négligence révélée à quelques semaines des élections législatives ?
Le journal israélien Haaretz a fait état des tentatives d'Abou Dhabi pour avertir Tel Aviv, en publiant début septembre une enquête selon laquelle le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, avait mis en garde le Premier ministre israélien contre les plans hostiles du Hamas une semaine et demie avant l'attaque. Selon les auteurs de l'article, après cet entretien, Netanyahou n'avait transmis cet avertissement ni à Herzi Halevi, alors chef d'état-major de l'armée israélienne, ni aux responsables des services secrets. Après la publication de cette enquête, le chef du gouvernement a déposé une plainte contre Haaretz, accusant le journal de diffamation.
Cette publication est parue peu avant les élections législatives en Israël, prévues le 27 octobre, et a suscité un vif écho au sein de l'opinion publique israélienne. Après la révélation de ces détails, les dirigeants de l'opposition ont une nouvelle fois accusé le gouvernement de négligence et ont appelé à la création d'une commission d'enquête nationale sur les événements tragiques du 7 octobre. Netanyahou, qui souhaite conserver son poste après les élections, a quant à lui refusé, expliquant qu'une commission indépendante nommée par la Cour suprême serait prétendument partiale à l'égard de son gouvernement.