International

Liban : le chef du Hezbollah accuse le gouvernement de servir les intérêts d'Israël

Naïm Qassem reproche au gouvernement libanais de soutenir le «projet israélo-américain» et réclame l'arrêt des négociations directes avec Israël. Le Hezbollah se dit prêt à discuter de son désarmement, mais seulement après le retrait israélien du sud et le retour des déplacés.

Naïm Qassem, chef du Hezbollah, a durci le ton contre les autorités libanaises dimanche 27 septembre, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'assassinat de Hassan Nasrallah. Dans un discours retransmis devant ses partisans, il a accusé le gouvernement de « soutenir le projet israélo-américain au lieu de l'affronter » et réaffirmé son refus de désarmer tant qu'Israël maintiendra des forces dans le Sud du pays.

Le secrétaire général s'en est particulièrement pris aux négociations directes engagées entre Beyrouth et Israël sous médiation américaine. Il exige leur gel et un retour à des discussions indirectes, estimant que le processus lancé en juin n'a permis ni de mettre fin aux opérations israéliennes ni de décrocher un retrait. Selon lui, les pressions exercées sur le Liban visent désormais à obtenir par la politique ce qu'Israël n'aurait pas réussi à imposer militairement : le désarmement du Hezbollah.

Rien ne va plus entre le Hezbollah et Beyrouth

Le dirigeant chiite se dit ouvert au dialogue avec l'État, mais pose ses conditions : retrait israélien et retour des habitants déplacés dans le Sud avant toute discussion sur l'arsenal de son mouvement. Cette position entre directement en collision avec celle du Premier ministre Nawaf Salam. Vendredi 25 septembre à l'ONU, celui-ci a réaffirmé que les décisions de guerre et de paix devaient appartenir exclusivement aux institutions libanaises et que les armes devaient être placées sous le seul contrôle de l'État.

Le bras de fer se joue dans un Liban profondément fragilisé par la reprise de la guerre en mars. Plus de 4 300 personnes ont été tuées et plus d'un million de déplacés depuis le début des hostilités, selon les chiffres rapportés par EFE. Affaibli par deux guerres successives, le Hezbollah entend préserver son arsenal et son statut de « résistance », tandis que l'exécutif cherche à rétablir le monopole de l'État sur l'armement. Naïm Qassem a également annoncé que son mouvement contribuerait à l'hébergement et à la reconstruction au profit des populations déplacées.