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Israël : les deux principales listes arabes écartées du scrutin d’octobre

La Commission électorale israélienne a voté l’exclusion de Ra’am et de la Liste commune des législatives du 27 octobre. La décision, qui toucherait les principales formations représentant les citoyens arabes d’Israël, doit encore passer devant la Cour suprême.

À un mois des législatives israéliennes, la participation politique des citoyens arabes se retrouve au cœur d’une bataille judiciaire et électorale. Mercredi 23 septembre, la Commission centrale électorale a voté l’exclusion des deux principales listes arabes des élections du 27 octobre : Ra’am, dirigé par Mansour Abbas, et la Liste commune, qui rassemble Hadash, Ta’al et Balad.

Les décisions ont notamment été soutenues par le Likud de Benjamin Netanyahou et des formations de droite et d’extrême droite. Les requêtes invoquent la loi fondamentale sur la Knesset, qui permet d’écarter une liste soutenant la lutte armée contre Israël ou contestant son existence comme État juif et démocratique. La commission a également écarté individuellement Ofer Cassif, député juif de Hadash très critique de la guerre à Gaza, ainsi que Sami Abu Shehadeh, dirigeant de Balad.

Une sous-représentation des Arabes

Mais ces exclusions ne sont pas définitives. Elles seront examinées par la Cour suprême, qui a régulièrement annulé par le passé des décisions similaires visant les partis arabes. Le procureur général n’a d’ailleurs pas soutenu l’interdiction générale des deux listes, même si son bureau a estimé que le cas individuel d’Abu Shehadeh méritait un examen particulier.

L’enjeu dépasse largement le droit électoral. Les citoyens arabes représentent environ un cinquième de la population israélienne. Dans la Knesset sortante, les partis arabes ne détenaient pourtant que dix des 120 sièges. Leur exclusion priverait donc une partie importante de l’électorat de ses principales formations politiques. L’ONG Adalah dénonce un processus « arbitraire » et « raciste » et a annoncé un recours devant la Cour suprême.

La bataille est aussi stratégique. Le système israélien étant proportionnel, quelques sièges peuvent décider de la formation d’une majorité de 61 députés. Or les partis arabes pourraient jouer un rôle déterminant après le scrutin, alors qu’aucun des grands blocs n’est assuré de disposer seul d’une majorité. Le gouvernement Netanyahou et ses alliés contestent leur légitimité politique ; leurs opposants y voient une tentative de marginaliser le vote arabe.

Au-delà du scrutin, l’épisode pose donc une question plus profonde : quelle place Israël accorde-t-il à la représentation politique de ses citoyens arabes, alors que la guerre à Gaza et le conflit israélo-palestinien ont encore accentué les fractures internes ?