La passe d’armes entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou se poursuit. Après le discours du président français devant l'Assemblée générale de l'ONU, le 22 septembre, le bureau du Premier ministre israélien a signalé « l'absurdité grotesque » de ses déclarations sur la Cisjordanie. Une nouvelle confrontation qui illustre la dégradation des relations entre Paris et le gouvernement israélien.
À New York, Macron avait vivement évoqué la politique menée par Israël dans les territoires palestiniens. À Gaza, il a déploré un « spectacle qui nous fait honte à tous », estimant que la situation humanitaire ne s'était pas améliorée malgré la « paix prétendue ». Il a surtout accusé Israël de nuire à la solution à deux États par ses actions en Cisjordanie, déclarant que « le Hamas n'a jamais sévi » sur ce territoire.
Rien ne va plus entre Paris et Tel-Aviv
C'est cette dernière phrase qui a provoqué la colère de Netanyahou. Son bureau a rappelé que des membres du Hamas ont mené des attaques en Cisjordanie et cité le meurtre, le 20 septembre, de Netanel Shukrun, un franco-israélien père de six enfants, attribué à un membre du mouvement islamiste.
« L'ignorance n'est pas une excuse pour effacer leur sang », a affirmé le bureau du Premier ministre.
Paris a ensuite précisé les propos présidentiels. Un responsable français a expliqué que Macron voulait dire que le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie, administrée en partie par l'Autorité palestinienne, et non qu'il n'y possède aucune implantation ou capacité d'action.
Au-delà de cette formulation contestée, le désaccord est plus profond. Macron défend la solution à deux États et considère que la poursuite de la colonisation et des violences en Cisjordanie menace également, à terme, la sécurité d'Israël. Netanyahou rejette cette lecture et estime que les menaces sécuritaires auxquelles Israël est confronté justifient son action.
L'épisode vient aggraver une relation franco-israélienne déjà fortement détériorée depuis la reconnaissance de l'État palestinien par la France en septembre 2025, décision à laquelle Netanyahou s'était fermement opposé.