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Les Houthis, le nouveau dilemme de Trump

Les Houthis intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite tout en promettant de ne pas viser les États-Unis. Donald Trump hésite à intervenir militairement au Yémen, au risque d’ouvrir un nouveau front dans la guerre régionale. Washington cherche ainsi à préserver son alliance avec Riyad sans rompre la fragile trêve conclue avec les Houthis.

Les Houthis placent Donald Trump devant un choix délicat au Moyen-Orient. Soutenu par l'Iran, le mouvement yéménite exerce une pression croissante autour de Bab el-Mandeb, passage stratégique du commerce mondial. Dans le même temps, ses missiles et drones frappent de nouveau l'Arabie saoudite. Le 19 septembre, Riyad a annoncé avoir intercepté un missile balistique visant la capitale, tandis que les Houthis revendiquaient des attaques contre des sites « sensibles » et une installation d'Aramco à Yanbu.

Vis-à-vis de Washington, les Houthis distinguent désormais clairement leurs adversaires. Le mouvement assure qu'il ne visera pas les navires américains et affirme rester fidèle au cessez-le-feu conclu avec les États-Unis en 2025. Américains et Houthis se sont récemment rencontrés à Oman. En revanche, les rebelles ont poursuivi leurs attaques contre Riyad, tout en épargnant les navires des pays qui n'envisageaient pas de soutenir les Saoudiens.

Trump dans l'embarras

Riyad réclame une aide américaine, mais Trump aurait décidé, pour l'instant, de ne pas impliquer les États-Unis dans de nouvelles frappes au Yémen. Intervenir permettrait de soutenir un allié majeur et de protéger les routes de la mer Rouge. Mais cela ouvrirait un front supplémentaire alors que Washington est déjà engagé dans la guerre contre l'Iran, soutien des Houthis.

Le rapport de force a également changé au Yémen. Les Houthis ont progressé sur la côte occidentale, notamment autour de Mokha et de Bab el-Mandeb, tandis que les combats avec les forces soutenues par Riyad ont repris à un niveau inédit depuis la trêve de 2022. Leur capacité à menacer le territoire saoudien et la navigation en mer Rouge renforcent leur poids régional.

Pour Donald Trump, l'équation est étroite : ne pas abandonner Riyad, indispensable à sa stratégie contre Téhéran, sans transformer le Yémen en nouveau front américain. Pour l'heure, Washington privilégie le dialogue avec les Houthis. Mais chaque nouvelle attaque contre l’Arabie saoudite fragilise cet équilibre.