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Israël : un soldat condamné pour la mort d’un Palestinien gracié par le président

Le président israélien Isaac Herzog a décidé de raccourcir la période d’inscription au casier judiciaire d’Elor Azaria, condamné pour homicide involontaire après avoir tué par balle un Palestinien blessé à Hébron en 2016. La décision, prise à la demande du ministre de la Défense, intervient malgré l’opposition de l’armée.

Le président israélien Isaac Herzog a décidé le 19 septembre d’effacer le reliquat du casier judiciaire d’Elor Azaria, ancien soldat de l’armée israélienne condamné pour homicide involontaire après avoir tué par balle un Palestinien blessé et neutralisé à Hébron en 2016. La décision a été prise à la suite d’une demande du ministre de la Défense, Israel Katz.

L’affaire remonte au 24 mars 2016. Elor Azaria, alors sergent et infirmier militaire, avait été filmé en train de tirer dans la tête d’Abdel Fattah al-Sharif, un Palestinien blessé après avoir attaqué au couteau un soldat israélien à Hébron. La vidéo, enregistrée par un militant des droits humains, avait suscité une importante controverse, notamment à l'international.

Azaria avait été condamné par un tribunal militaire pour homicide involontaire à 18 mois de prison. Sa peine avait ensuite été réduite à 14 mois et il avait été libéré en mai 2018 après avoir purgé neuf mois de détention.

Dans sa décision, la présidence israélienne indique avoir notamment pris en compte le temps écoulé depuis les faits, l’exécution de la peine et les changements intervenus dans la vie personnelle et familiale d’Azaria. Selon la présidence, celui-ci a également exprimé des regrets dans sa demande et souhaite lever les obstacles professionnels liés à son casier judiciaire.

La décision ne remet toutefois pas en cause la condamnation prononcée en 2017. La présidence précise que la procédure de grâce ne constitue pas une nouvelle instance d’appel et souligne l’importance du système de justice militaire et du respect des règles relatives à l’usage des armes.

Une décision contestée au sein de l’armée

La décision d’Isaac Herzog intervient malgré l’opposition exprimée par l’armée israélienne. Selon plusieurs médias israéliens, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’était opposé à l’effacement du casier judiciaire, estimant notamment qu’Azaria n’avait pas pleinement assumé sa responsabilité et n’avait pas démontré de remords suffisants.

Le ministre de la Défense Israel Katz a, au contraire, salué une décision qu’il a qualifiée d’humaine et digne. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’est également félicité de cette mesure.

L’affaire Azaria avait profondément divisé l’opinion israélienne et était devenue un cas emblématique des débats sur la responsabilité des militaires dans l’usage de la force contre des Palestiniens. Des organisations de défense des droits humains avaient dénoncé à l’époque une exécution extrajudiciaire, tandis que les autorités israéliennes avaient maintenu que les forces de sécurité agissaient dans le cadre de la lutte contre les attaques.

Près de dix ans après les faits, la décision de Herzog met ainsi fin aux conséquences administratives restantes de la condamnation d’Azaria, sans modifier le jugement militaire rendu dans cette affaire.