Un groupe de plaignants a saisi le tribunal du district nord de Californie contre les sociétés américaines Anthropic, Google, OpenAI et SpaceXAI, les accusant de s'être entendues pour ralentir le développement de l'intelligence artificielle (IA). La plainte s'appuie notamment sur une déclaration du directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, qui, début septembre, a appelé à ralentir le rythme de développement des modèles les plus puissants.
Selon les plaignants, représentés par le cabinet d'avocats Trial Lawyers for Justice, une telle proposition équivaut à un accord commercial illégal entre concurrents au regard de la législation antitrust américaine. Nicholas Rowley, l’un des avocats à l’origine de la plainte, a déclaré que celle-ci avait été déposée afin d’empêcher que des accords privés entre les entreprises technologiques commerciales les plus influentes au monde ne conduisent à une perte rapide du contrôle humain sur l’intelligence artificielle.
Les plaignants ont souligné que peu après la publication par Dario Amodei d’un article sur la nécessité de ralentir le développement des modèles d’IA de pointe, ses concurrents – Elon Musk, fondateur de SpaceXAI, Sam Altman, PDG d’OpenAI, et Demis Hassabis, cofondateur de Google DeepMind – se sont rangés à son avis. Selon les plaignants, l'accord entre ces entreprises restreint la concurrence en matière de développement des modèles, de qualité des produits, d'innovation, d'investissements, de production et de délais de mise sur le marché de nouvelles fonctionnalités.
D’arpès Dario Amodei, grâce à un ralentissement coordonné du rythme des travaux sur les technologies de pointe, les entreprises spécialisées dans l'IA pourraient gagner un à deux ans supplémentaires avant que les modèles n'atteignent des niveaux critiques de développement, et ainsi éviter de graves erreurs de calcul. Sam Altman a par la suite admis la possibilité de créer une IA échappant au contrôle humain.
Cette plainte a été déposée dans un contexte de prévisions plutôt sombres concernant la menace que représente l’IA pour l’humanité. Le 9 septembre, Jacob Coxon, chercheur chez Anthropic, a quitté l’entreprise et décidé de se retirer du secteur de l’intelligence artificielle, craignant que les développeurs ne créent trop rapidement des systèmes capables de s’améliorer de manière autonome et de devenir incontrôlables à l’avenir. Selon lui, si cette tendance se poursuit, l’humanité pourrait atteindre un point de non-retour dès la fin de l’année 2027. Evan Hubinger, responsable des tests de résistance portant sur la cohérence de l’IA chez Anthropic, a donné raison à son ancien collègue, soulignant que la probabilité que l’intelligence artificielle anéantisse l’humanité au cours des dix prochaines années s’élève à 10 %.