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Pétrole : l’Arabie saoudite aurait suspendu ses livraisons d’octobre à l’Europe

Saudi Aramco aurait annulé ses livraisons de brut prévues en octobre à ses clients européens après l’attaque du Petroline. La France dépend peu du brut saoudien, mais reste davantage exposée aux produits pétroliers raffinés du royaume.

La crise pétrolière provoquée par la guerre au Yémen gagne l’Europe. Saudi Aramco a informé des raffineurs européens qu’ils ne recevraient pas leurs cargaisons de brut prévues en octobre, selon Bloomberg, une information rapportée par Reuters. Au moins deux clients sont concernés et Bloomberg affirme que la mesure s’applique aux acheteurs européens. Aramco n’a pas confirmé publiquement ces informations.

En cause, l’attaque de drones qui a endommagé trois stations de pompage du Petroline, l’oléoduc Est-Ouest saoudien. Cette infrastructure transporte le pétrole des champs de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge, en contournant le détroit d’Ormuz. Son arrêt a perturbé les chargements à Yanbu, alors que cette route était déjà fragilisée par la guerre et les menaces houthies en mer Rouge.

Double problème européen

Pour l’Europe, le problème est double. Il faut remplacer rapidement les barils saoudiens par du pétrole provenant notamment de mer du Nord, des États-Unis ou d’autres producteurs du Moyen-Orient, ce qui accroît la concurrence. Le 15 septembre, certains chargements physiques disponibles en Europe dépassaient déjà 130 dollars le baril, tandis que le Forties de mer du Nord atteignait 136,75 dollars.

La France est moins directement exposée au brut saoudien que certains voisins : en 2025, l’Arabie saoudite ne représentait que 2,4 % de ses importations de pétrole brut, contre 22 % pour les États-Unis. Mais elle reste beaucoup plus dépendante des produits pétroliers raffinés saoudiens, qui représentaient 14 % de ses importations de produits raffinés en 2025.

Le principal risque français est donc celui des prix plutôt qu’une pénurie immédiate. Si la perturbation saoudienne se prolonge, la hausse du brut et des coûts de raffinage et de transport pourrait progressivement se répercuter sur l’essence et surtout le diesel à la pompe.