Près d’un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 10 octobre 2025 entre Israël et le Hamas, les habitants de Gaza restent confrontés aux frappes, aux déplacements et à une reconstruction presque inexistante. Selon le ministère de la Santé de Gaza, cité par l’ONU, plus de 1 350 Palestiniens ont été tués depuis l’annonce de la trêve. Début septembre, l’OCHA signalait encore des frappes israéliennes sur des zones habitées, faisant de nouvelles victimes et provoquant des déplacements.
Middle East Eye rapporte notamment le cas d’Om Siraj al-Muzeini, une veuve palestinienne contrainte de quitter sa tente le 8 septembre après un ordre d’évacuation visant un secteur de l’ouest de Gaza-ville. Un bâtiment y a été frappé peu après. Ces évacuations répétées entretiennent un sentiment d’insécurité permanent chez une population qui a déjà été déplacée à plusieurs reprises depuis octobre 2023.
76 % des logements détruits ou endommagés
La crise du logement rend tout nouveau déplacement particulièrement difficile. Une évaluation conjointe de la Banque mondiale et de l’ONU estime que 76 % des logements de Gaza ont été endommagés ou détruits. Faute de reconstruction, des familles vivent encore sous tente ou retournent dans des immeubles fragilisés. Le 16 septembre, l’effondrement d’un bâtiment endommagé par la guerre à Gaza-ville a tué 21 personnes, dont huit enfants.
La situation humanitaire demeure également précaire. L’OCHA estime que 91 % des ménages évalués souffrent d’une insécurité hydrique modérée à élevée. Les restrictions sur l’entrée de matériaux, de pièces détachées et d’autres équipements compliquent la remise en état des infrastructures. Israël affirme notamment limiter certains matériaux pour empêcher leur utilisation par des groupes armés.
La trêve a mis fin aux combats à grande échelle, mais elle n’a donc pas ouvert la reconstruction attendue. Pour de nombreux Gazaouis, la menace des frappes, des ordres d’évacuation et de nouveaux déplacements continue de rythmer le quotidien.