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Face aux attaques houthies, le Pakistan se dit prêt à activer le pacte de défense de La Mecque

Le Pakistan estime désormais que le moment est venu de mettre en œuvre le pacte de défense conclu avec l’Arabie saoudite et la Turquie. L’accord prévoit qu’une attaque contre l’un des trois signataires soit considérée comme une attaque contre tous, alors que les Houthis multiplient leurs opérations contre Riyad.

Le Pakistan durcit le ton face à l’escalade entre l’Arabie saoudite et les Houthis. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a estimé que le moment était venu de mettre en œuvre le pacte de défense de La Mecque, conclu le 7 août entre Islamabad, Riyad et Ankara. Ces propos marquent une évolution après plusieurs jours de prudence pakistanaise.

L’accord repose sur un principe de défense collective : une attaque armée contre l’un des trois États doit être considérée comme une attaque contre les trois. Signé en pleine guerre régionale, il réunit l’Arabie saoudite, la Turquie, membre de l’OTAN, et le Pakistan, puissance nucléaire. Les trois pays ont créé depuis un secrétariat permanent en Arabie saoudite et engagé des travaux pour renforcer la coordination entre leurs forces armées.

Test grandeur nature pour le nouvel accord

Le dispositif est aujourd’hui confronté à son premier véritable test. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont multiplié ces dernières semaines les attaques contre le territoire et les infrastructures saoudiennes, tandis que leur progression sur la côte yéménite de la mer Rouge accroît la pression autour du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Riyad a également demandé une assistance militaire à Washington. Les États-Unis ont refusé, à ce stade, de mener directement des frappes, tout en proposant un soutien en matière de renseignement et de ciblage.

La position pakistanaise est particulièrement délicate. Islamabad entretient depuis longtemps une coopération militaire étroite avec Riyad et dispose déjà de milliers de soldats ainsi que d’un escadron d’avions de combat en Arabie saoudite. Mais le Pakistan cherche parallèlement à préserver ses relations avec l’Iran et joue depuis plusieurs mois un rôle d’intermédiaire entre Téhéran, Washington et les monarchies du Golfe.

Une semaine auparavant, Islamabad assurait encore qu’aucune réponse militaire n’était en discussion, tout en affirmant qu’il agirait « lorsque le moment viendrait ». La déclaration de Khawaja Asif suggère donc une nouvelle étape, sans que la forme de la possible assistance pakistanaise n'ait été précisée pour l’instant.