Lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, prononcé le 16 septembre devant les eurodéputés réunis à Strasbourg, Ursula von der Leyen a notamment proposé la création d’un « protocole de sécurité d’urgence » face à la recrudescence des crises.
« Notre doctrine, nos institutions et notre processus décisionnel n’ont pas suivi le rythme de cette nouvelle réalité », a-t-elle estimé après avoir évoqué un renforcement de la coopération avec l’OTAN.
« Nous avons besoin de toute urgence d’un consensus sur la manière de réagir à certains incidents. Ceux qui ne constituent pas une agression armée, mais qui menacent clairement notre sécurité nationale », a-t-elle poursuivi, avant d’évoquer un mécanisme inspiré de l’article 4 du traité fondateur de l’Alliance atlantique.
Défense européenne : une « guerre de territoire » à Bruxelles
Si l’idée ne date pas d’hier, dans une Europe scindée entre partisans de davantage de souveraineté en matière de sécurité et ceux qui ne jurent que par le bloc piloté par Washington, cette proposition « suscite déjà des inquiétudes au sein de l’Alliance », rapporte le jour même le site européen de Politico, titrant sur cette « guerre de territoire » qui se profile entre l'UE et l'OTAN.
« J’ai constaté de nombreuses initiatives au niveau de l’UE ces dernières années, mais aucune ne protège réellement les États membres », a déclaré au média un haut diplomate de l’OTAN. « Bien sûr, toute initiative doit être évaluée sur ses mérites, mais j’ai le sentiment que l’OTAN a apporté beaucoup plus concrètement à la sécurité collective », a ajouté cette source sous couvert d’anonymat.
La dernière fois que l'article 4 du traité de l’OTAN a été invoqué, ce fut lorsqu’en septembre 2025 Tallin avait accusé la Russie d’avoir violé son espace aérien avec trois intercepteurs MiG-31. Des accusations « irresponsables », rejetées par Moscou.