Newsweek a révélé, le 17 septembre, que plusieurs Marines américains avaient rencontré de sérieux problèmes avec leurs bottes lors de leur déploiement en Norvège. Après seulement quelques jours passés dans la neige et le froid, certaines paires se sont fortement détériorées, au point de perturber directement l’entraînement de plusieurs militaires.
Les incidents remontent à la fin du mois de février, pendant la préparation aux exercices Cold Response 2026. Organisées en mars dans le nord de l’Europe, ces manœuvres étaient notamment consacrées à l’entraînement des forces engagées dans les conditions arctiques.
Selon Newsweek, « des trous apparaissaient dans les bottes, les semelles se séparaient du reste de la chaussure et de l’eau glacée pénétrait à l’intérieur ». Les premiers dégâts ont touché le cuir, avant que des fissures n’apparaissent dans les semelles lors des marches et des déplacements à ski avec du matériel lourd.
Les conséquences ont rapidement dépassé le simple problème d’équipement. Certains Marines ont dû être retirés des entraînements alors que leurs bottes avaient moins de 30 jours d’utilisation. Dans certains cas, une partie en plastique de la chaussure pouvait également s’enfoncer au niveau des tendons.
Pour poursuivre leur préparation, les militaires américains ont dû trouver rapidement des chaussures de remplacement. Les forces norvégiennes les ont aidés à obtenir des modèles fabriqués localement, tandis que certaines paires ont été achetées directement dans des magasins situés à proximité.
Des défauts qui touchent bien au-delà de la Norvège
Les contrôles menés après le retour des Marines aux États-Unis ont montré que les défauts ne se limitaient pas aux unités envoyées en Norvège. Sur la base de Camp Lejeune, en Caroline du Nord, des stocks du même type de bottes ont à leur tour été inspectés.
Lors d’une première vérification, environ la moitié des paires examinées présentaient des anomalies. D’autres contrôles réalisés en avril puis en juillet ont encore révélé des défauts. Dans une présentation militaire obtenue par Newsweek, le niveau constaté lors de l’inspection d’avril était qualifié d’« alarmant ».
Des bottes défectueuses ont ensuite été retrouvées sur d’autres bases du Corps des Marines, notamment à Hawaï et à Okinawa, au Japon. Les forces américaines signalaient par ailleurs déjà des « problèmes persistants de qualité » concernant ces chaussures entre l’automne 2025 et le printemps 2026.
La multiplication de ces incidents a aussi remis en lumière les règles d’approvisionnement du Pentagone.Sauf exceptions, la législation américaine impose que les chaussures militaires financées par le département de la Défense soient fabriquées aux États-Unis. Cette règle doit, selon ses défenseurs, soutenir l'industrie nationale et réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers. Ses détracteurs estiment toutefois qu’un choix trop limité peut conduire les militaires à recevoir du matériel de qualité insuffisante.
L’Arctique au cœur du renforcement militaire de l’OTAN
Environ 25 000 militaires de 14 pays ont participé aux exercices Cold Response 2026, dont quelque 3 000 Marines américains. Les manœuvres portaient notamment sur les opérations militaires dans le froid et les conditions propres aux régions arctiques.
Les problèmes de chaussures sont donc apparus au cours d’une préparation précisément consacrée à ce type d’environnement, ce qui a mis en évidence des difficultés matérielles jusque dans des équipements de base.
Ces exercices s'inscrivent dans un contexte de présence militaire accrue de l’OTAN dans le Grand Nord, une évolution régulièrement critiquée par Moscou. Les autorités russes estiment que l’intensification des activités militaires de l’Alliance dans les hautes latitudes accroît les risques sécuritaires dans une région longtemps présentée comme un espace de coopération.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait ainsi déclaré le 31 août que l’augmentation de la présence de l’OTAN dans l’Arctique renforçait les risques de confrontation et contribuait à transformer progressivement la région en zone de rivalité stratégique.