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Gaza : sous les décombres, des milliers de corps et des preuves menacées

Plus de 8000 personnes seraient encore ensevelies sous les décombres à Gaza, selon les autorités palestiniennes, tandis que l'ONU s'inquiète du déblaiement de zones susceptibles de contenir des corps mais aussi des preuves d'éventuels crimes de guerre. Quelque 61 millions de tonnes de débris restent en effet à évacuer dans l'enclave.

À Gaza, le déblaiement des ruines fait émerger une autre dimension du bilan humain de la guerre. Le 15 septembre, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a dénoncé la poursuite des opérations israéliennes de démolition et de déblaiement dans certaines zones de l’enclave, estimant qu’elles étaient menées « sans respect pour les morts » encore ensevelis.

Depuis novembre 2025, la Défense civile palestinienne affirme avoir extrait des bâtiments détruits plus de 630 corps ou restes humains. Les autorités palestiniennes estiment cependant que plus de 8 000 personnes seraient toujours ensevelies. Parmi les dépouilles récemment découvertes figureraient des membres de familles entières, dont de nombreuses femmes et enfants. Le 6 septembre, une centaine de victimes retrouvées dans le nord de Gaza, parmi lesquelles 60 enfants, avaient ainsi été inhumées.

61 millions de tonnes de gravats

Pour l’ONU, l’enjeu dépasse désormais la seule récupération des corps. Ces sites peuvent également contenir des éléments susceptibles de documenter d’éventuels crimes de guerre. Volker Türk estime que la découverte de nombreux restes humains ravive les interrogations sur la conduite des hostilités, notamment l’emploi d’armes explosives dans des zones densément peuplées. La poursuite du nivellement et du déblaiement pourrait ainsi faire disparaître des éléments utiles à de futures investigations.

L’ampleur du chantier est considérable. Selon les estimations des Nations unies, la guerre a généré environ 61 millions de tonnes de débris dans la bande de Gaza. Leur évacuation pourrait nécessiter sept années.

La situation reste par ailleurs instable malgré le cessez-le-feu négocié en octobre 2025. Selon les autorités de Gaza, plus de 1 300 Palestiniens ont été tués depuis son entrée en vigueur, tandis que les opérations israéliennes se poursuivent ponctuellement dans l’enclave.