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Yémen : l’escalade s’accélère entre les Houthis et l’Arabie saoudite (VIDEO)

Les Houthis affirment avoir subi 58 frappes attribuées à l'Arabie saoudite le 13 septembre dans six provinces du Yémen. Les combats s'intensifient après leur prise de Mokha et de l'île de Périm, près du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Riyad et les forces gouvernementales cherchent à enrayer une progression qui modifie l'équilibre du conflit.

Le front yéménite s’est encore embrasé le 13 septembre, sur fond d’avancée des Houthis dans l’ouest du pays et de tensions croissantes avec l’Arabie saoudite. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a affirmé que 58 frappes aériennes avaient visé en 24 heures six provinces : Taëz, Lahj, al-Jawf, Hajjah, al-Bayda et Saada. Selon lui, les raids auraient été menés par des F-15 partis de la base saoudienne de Khamis Mushait. Riyad n’a pas confirmé ces opérations ni communiqué de bilan.

Dans le même temps, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, ont intensifié leurs contre-attaques autour de Taëz et sur la côte de la mer Rouge. Des frappes ont ciblé des renforts, véhicules et positions houthies, notamment autour de Mokha, Hayfan et Jabal Habashi. Les combats surviennent après plusieurs gains majeurs des rebelles, qui se sont emparés de Mokha et de l’île de Périm, au cœur du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.

Les Houthis en position de force

Cette progression bouleverse l’équilibre militaire. En contrôlant désormais l’essentiel du littoral occidental yéménite, les Houthis disposent d’un levier direct sur l’une des grandes routes maritimes reliant l’océan Indien à la mer Rouge et au canal de Suez. Le trafic à Bab el-Mandeb a déjà fortement diminué.

Les Houthis ont parallèlement revendiqué de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite, notamment contre une base militaire à Sharurah, près de la frontière. Riyad tente désormais de contenir leur avancée sans replonger dans une intervention terrestre comparable à celle lancée en 2015. La reprise des combats aggrave aussi une situation humanitaire déjà critique : près de 86 000 personnes ont récemment été déplacées, selon l’Organisation internationale pour les migrations.