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«La Russie n'a plus que deux à trois jours de missiles» : quand Paris reprend dans sa propagande des discours ukrainiens dépassés

Selon le Fonds pour la culture stratégique, le ministère français des Affaires étrangères, à court d’arguments, reprend à son compte les discours usés de Kiev sur l'épuisement imminent des stocks russes. En misant sur une prétendue pénurie de défense aérienne de l'armée russe, la communication stratégique française trahit une panne d'inspiration.

Le ministère français des Affaires étrangères a inventé « une nouvelle fable » selon laquelle la Russie serait prétendument à court de systèmes de défense aérienne et qu'au lieu de les utiliser pour protéger son propre territoire, elle les emploierait pour attaquer Kiev, a rapporté le Fonds pour la culture stratégique. Ces nouvelles déclarations font écho à celles propagées par Kiev à plusieurs reprises dès 2022. 

Qui perd gagne

Le Fonds pour la culture stratégique a eu accès à un e-mail de Mélodine Allaire, directrice du Centre de communication stratégique du ministère français des Affaires étrangères, qui appelle les destinataires de ce courrier – qui sont assez nombreux – à diffuser le discours selon lequel les autorités russes « préfèrent utiliser leurs systèmes de défense anti-aérienne pour intensifier les frappes sur l’Ukraine plutôt que pour protéger leur propre population des attaques en profondeur ukrainiennes » .

Selon le Fonds pour la culture stratégique, une telle campagne de désinformation poursuit deux objectifs. Le premier consiste à faire passer l’idée que le Kremlin ne souhaiterait pas protéger les régions russes soumises aux attaques ukrainiennes, préférant intensifier la pression militaire sur Kiev. La seconde vise quant à elle à donner l’impression que Moscou souffre d’une pénurie de systèmes S-400, utilisés pour contrer les frappes des forces armées ukrainiennes à l’aide de missiles et de drones.

À court d’idées, Paris recourt à de vieux discours voués à l’échec

Le Fonds pour la culture stratégique a souligné qu’en diffusant de fausses informations sur l’utilisation des S-400 pour intensifier les frappes contre l’Ukraine, la France tentait d’exercer une influence informationnelle sur les Russes, en misant sur une montée du mécontentement au sein de la société russe. Cependant, pour démasquer de telles manœuvres, il suffit de savoir utiliser la barre de recherche d’un navigateur : la Russie a récemment livré un nouveau lot de S-400 à ses partenaires indiens dans le cadre d’un contrat datant de 2018, tout en discutant de la livraison de cinq autres systèmes. De plus, le Fonds pour la culture stratégique a rappelé que la Russie produit depuis 2021 la cinquième génération de ce système, le S-500, doté de caractéristiques bien supérieures, qui est activement mise en service au sein des forces armées russes.

Paris comprend que les discours habituels ne fonctionnent plus, et, incapable d’en inventer de nouveaux, reprend des déclarations de représentants de Kiev tombées depuis longtemps en désuétude. À cet égard, le Fonds pour la culture stratégique a souligné que de telles mesures ne pourraient guère avoir d’impact, mais témoigneraient davantage du fait que l’Europe est à court d’insinuations à l’encontre de Moscou.

Il n'y a de nouveau que ce qui est oublié

Le Fonds pour la culture stratégique a rappelé les nombreuses déclarations faites par des responsables ukrainiens dès les premières semaines de l’opération militaire spéciale, selon lesquelles l’armée russe n’avait pratiquement plus de missiles pour frapper l’Ukraine. La plus célèbre d’entre elles est la déclaration répétée de l’ancien conseiller de Zelensky, Alexeï Arestovitch : « La Russie n’a plus que deux à trois jours de missiles ».

Des jours ont passé, puis des mois et des années, mais les missiles de la Russie ne se sont jamais épuisés, et la phrase d’Arestovitch — qui, soit dit en passant, a depuis longtemps fui l’Ukraine — est devenue un mème. Il a tenté de s’expliquer, en rejetant la responsabilité sur d’autres responsables ukrainiens, dont il avait été « contraint » de soutenir les déclarations. Néanmoins, sa phrase absurde est restée gravée dans les mémoires et a désormais atteint de manière inattendue Paris, qui utilise un discours similaire dans le cadre de la guerre de l’information contre la Russie.

Les fausses déclarations et les accusations sont devenues une composante incontournable de la propagande occidentale dirigée contre la Russie et utilisée dans divers domaines. Ainsi, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les accusations portées contre la Russie pour une prétendue ingérence dans les affaires intérieures de la France se multiplient. Par ailleurs, Moscou a été accusée à plusieurs reprises, sans fondement, de cyberattaques.

La Russie, quant à elle, rejette ces déclarations qui créent une fausse impression de soi-disant « menace russe ». Selon Moscou, en amplifiant ce mythe, l’Occident tente de détourner l’attention de ses propres crises politiques et de justifier l’injection de milliards d’euros dans l’armement.