Le 10 septembre, l'armée israélienne a détruit une partie majeure du réseau souterrain du Hezbollah sous la crête d'Ali Taher, au Liban-Sud. La déflagration a été si puissante que l'US Geological Survey a enregistré à 18h08 GMT une secousse de magnitude 4,1 dans la région de Nabatiyé. Il ne s'agit pas d'un séisme tectonique classique, mais d'un événement sismique provoqué par les détonations et ressenti dans plusieurs localités.
Israël affirme avoir détruit plus de deux kilomètres de tunnels après avoir revendiqué quelques jours plus tôt le « contrôle opérationnel » de la crête, au-dessus comme sous terre. Selon l’armée, le complexe abritait un centre de commandement, des stocks d’armes, des roquettes, missiles, drones et armes antichars, dont certains de fabrication iranienne. Ces affirmations n’ont pas été vérifiées indépendamment.
Israël toujours plus loin au Liban
Ali Taher est devenue l’un des principaux enjeux du front libanais. Située au nord du Litani, à environ 15 kilomètres de la frontière israélienne, cette hauteur domine Nabatiyé et plusieurs axes menant vers l’Iqlim al-Tuffah, profondeur stratégique historique du Hezbollah.
Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont présenté l’opération comme l’achèvement de la « zone de sécurité » israélienne au Liban-Sud. Ils ont aussi affirmé que l’armée resterait dans le secteur pour empêcher le Hezbollah de s’y réinstaller.
Le dynamitage dépasse donc la destruction d’un réseau de tunnels. Il confirme la volonté israélienne de conserver une profondeur militaire au Liban, alors que le cadre négocié sous médiation américaine prévoit à terme un retrait israélien et le désarmement du Hezbollah. L’opération survient en outre à quelques jours d’un nouveau cycle de discussions entre Beyrouth et Israël à Rome, renforçant le rapport de force que Tel Aviv cherche à imposer avant les négociations.