Le conflit yéménite connaît une nouvelle accélération. Les 8 et 9 septembre, les échanges de frappes entre les Houthis et les forces soutenues par l’Arabie saoudite se sont intensifiés, faisant craindre l’effondrement de la trêve qui avait gelé l’essentiel des combats depuis 2022.
Le 8 septembre, les Houthis ont lancé une vaste attaque de missiles et de drones contre le sud de l’Arabie saoudite. Abha, Khamis Mushait, Jizan et Najran ont été visées. Riyad fait état d’au moins 73 blessés, dont des femmes et des enfants. Plusieurs installations énergétiques ont été touchées et des incendies ont entraîné l’arrêt temporaire de certaines opérations. La raffinerie de Jizan, capable de traiter environ 400 000 barils par jour, figure parmi les infrastructures visées.
Vers une guerre ouverte ?
Riyad a rapidement riposté. Des frappes saoudiennes ont touché des positions houthies dans les provinces de Taëz et Marib, tandis que des raids avaient déjà été signalés à al-Jawf et al-Bayda. Mercredi, les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite ont également poursuivi leurs frappes sur la côte occidentale, où les combats restent particulièrement intenses.
Cette escalade accompagne une contre-offensive plus large du gouvernement yéménite reconnu internationalement. Ses forces affirment progresser à al-Jawf, al-Bayda, Taëz et Hodeïda, avec l’objectif déclaré de reprendre Sanaa. Les Houthis assurent au contraire avoir repoussé plusieurs offensives et promettent de poursuivre leurs attaques contre le territoire saoudien.
L’enjeu dépasse désormais le seul front yéménite. Les Houthis menacent aussi la navigation à Bab el-Mandeb, alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz perturbent déjà les exportations du Golfe. Les attaques contre les installations pétrolières saoudiennes ont contribué à pousser le Brent près des 100 dollars.
Après quatre années de relative accalmie, le Yémen risque ainsi de redevenir l’un des principaux fronts de la confrontation régionale entre l’Arabie saoudite et les forces alliées à l’Iran.