Plusieurs membres de l’aile la plus dure du gouvernement israélien ont intensifié ces derniers jours leurs appels au départ massif des Palestiniens de Gaza. Le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que leur évacuation constituait selon lui « la seule solution », ajoutant qu’Israël devait être prêt à l’organiser « par mer, par air et par tous les moyens possibles ».
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir est allé plus loin en présentant un programme sur sept ans baptisé « Disengagement 710 ». Il prévoit ce qu’il qualifie d’« émigration volontaire » des quelque deux millions d’habitants de l’enclave. Ben-Gvir a également promis de créer, en cas de réélection, un ministère spécifiquement chargé de cette politique.
Washington a pris ses distances avec ces propositions. Le département d’État américain a déclaré ne soutenir « aucun plan ou proposition de déplacement forcé, d’expulsion ou de transfert obligatoire » de la population de Gaza, sans toutefois condamner directement les deux ministres israéliens.
Ces déclarations surviennent alors que les frappes israéliennes se poursuivent dans l’enclave. Selon le ministère palestinien de la Santé, plus de 73 600 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dont plus de 1 300 depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025. La défense civile estime par ailleurs que 10 000 à 14 000 personnes resteraient ensevelies sous les décombres.
En Cisjordanie occupée, les destructions et les violences se poursuivent également. À Masafer Yatta, douze maisons ont été rasées, laissant 70 personnes sans abri, tandis que d’autres démolitions et attaques de colons ont été signalées autour de Hébron, Jénine et Ramallah.