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L'Europe pourrait perdre 300 000 emplois industriels d'ici fin 2026

Eurometal alerte sur la possible disparition de 300 000 emplois industriels en Europe d'ici fin 2026. L'association pointe la concurrence croissante des fabricants chinois, qui fragilise les entreprises européennes déjà confrontées à des prix élevés de l'énergie et au coût des taxes sur les émissions de CO2.

Jusqu'à 300 000 emplois pourraient disparaître dans l'industrie européenne d'ici la fin de 2026, selon les estimations d'Eurometal, citées le 6 septembre par le Guardian.

L'association européenne du secteur métallurgique s'inquiète notamment de la place croissante occupée par les fabricants chinois de composants dans les chaînes de production. Son président, Alexander Julius, estime que les entreprises chinoises ne cherchent plus seulement à fournir des matières premières, mais souhaitent également renforcer leur présence dans la fabrication de produits finis. Selon lui, cette évolution leur permettrait de prendre une place plus importante dans les principales chaînes d'approvisionnement et, à terme, dans l'ensemble de la création de valeur.

Pour attirer l'attention des responsables européens sur les difficultés rencontrées par le secteur, Eurometal prévoit une manifestation devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles. Les participants doivent notamment porter dix cercueils symboliques faisant référence à la compétitivité de l'UE et aux usines européennes.

La situation des industriels européens ne s'explique toutefois pas uniquement par la concurrence chinoise. Les entreprises doivent également faire face à des prix élevés de l'énergie ainsi qu'aux coûts liés aux émissions de dioxyde de carbone. La Commission européenne estime que, sous l'effet combiné de la concurrence mondiale et de la crise énergétique, les pertes d'emplois dans la région pourraient dépasser un million.

À l'automne 2025, Bloomberg rapportait que Bruxelles étudiait la possibilité de demander aux entreprises chinoises de transférer certaines technologies en échange d'un accès au marché européen. En mars, l'Union européenne a également présenté le projet « Made in Europe », prévu dans l'Industrial Accelerator Act.

Le texte doit introduire des exigences concernant la part de composants européens utilisée par les entreprises souhaitant bénéficier de financements publics, notamment dans l'automobile, la métallurgie et les technologies vertes.

Le ministère chinois du Commerce a estimé que cette initiative constituait une forme de discrimination institutionnelle. Pékin a également averti qu'il pourrait adopter des mesures en réponse si les intérêts des entreprises chinoises étaient affectés.