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L'Europe veut armer l'Ukraine, mais sa machine militaire ne suit pas

L'industrie de défense européenne peine à suivre le rythme imposé par les besoins ukrainiens. Entre programmes trop longs, équipements coûteux et manque de souplesse, Bruxelles cherche à accélérer la production, tout en pressant certains États membres d'accroître leurs livraisons de missiles à Kiev.

L'industrie militaire européenne ne parvient pas à produire suffisamment vite pour répondre aux besoins de l'Ukraine, rapporte ce 7 septembre Euractiv.

Les délais nécessaires au lancement et à l'aboutissement des programmes de défense de l'Union européenne restent largement incompatibles avec le rythme imposé par le conflit.

À Bruxelles, certains projets peuvent ainsi nécessiter entre cinq et dix ans avant d'arriver à leur terme. Un responsable de la Commission européenne interrogé par le média reconnaît que les programmes financés par le Fonds européen de la défense pourraient achever leur cycle sans pour autant répondre réellement aux besoins ukrainiens. En cause notamment : un système jugé trop rigide et incapable de s'adapter rapidement à l'évolution de la situation.

Le problème ne tient pas uniquement aux délais de production. Riho Terras, vice-président de la commission de la sécurité et de la défense du Parlement européen, estime que l'Europe continue de privilégier des équipements trop sophistiqués et trop coûteux pour les réalités du champ de bataille actuel.

Pour réduire cet écart, l'Union européenne chercherait désormais à accélérer sa coopération avec l'industrie ukrainienne. Toujours selon Euractiv, Bruxelles mise notamment sur la création d'entreprises communes, la production sous licence et le développement de capacités industrielles associant des sociétés européennes à des entreprises ukrainiennes, considérées comme capables de travailler plus rapidement.

Cette volonté d'accélération concerne également les livraisons d'armes déjà disponibles. Au début du mois de septembre, l'UE a ainsi fait pression sur plusieurs États membres, notamment la Grèce et l'Espagne, en raison de leur contribution jugée « insuffisante » aux livraisons de missiles intercepteurs destinés à l'Ukraine.

La position de la droite française sur les livraisons d'armes à l'Ukraine

Le 5 septembre, au Forum Ambrosetti organisé sur les rives du lac de Côme, Jordan Bardella a réaffirmé le soutien du Rassemblement national à l'Ukraine, tout en refusant l'idée d'un financement de la guerre sans limite dans le temps. Le président du RN a notamment invoqué la situation des finances publiques françaises et estimé que les aides accordées à Kiev devraient être accompagnées de garanties. Il a également souhaité que les sommes européennes consacrées à l'achat d'armements bénéficient en priorité aux industriels du continent.

« Nous avons toujours soutenu l'Ukraine […] En cas de victoire, la France sera fidèle au soutien à l'Ukraine », a-t-il fait savoir.