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Gaza : des vétérans israéliens accusent l’armée de «justifications après coup»

Breaking the Silence accuse l’armée israélienne de rechercher après certaines frappes des éléments permettant de relier les victimes au Hamas. L’ONG de vétérans israéliens parle d’un mécanisme d’«incrimination rétroactive» destiné à justifier des attaques ayant fait des victimes. Elle dénonce plus largement des règles d’engagement permissives.

L’ONG israélienne Breaking the Silence accuse l’armée israélienne d’avoir cherché, après la mort de Palestiniens à Gaza, des éléments permettant de présenter les victimes comme liées au Hamas afin de justifier les frappes.

Dans une interview accordée à France 24, Nadav Weiman, directeur exécutif de l’organisation fondée par d’anciens soldats israéliens, décrit un mécanisme d’« incrimination rétroactive ». Selon lui, après certaines attaques ayant causé de nombreuses victimes civiles, les services de renseignement chercheraient à établir l’identité des personnes tuées puis à identifier d’éventuels liens avec le Hamas ou d’autres groupes armés.

Justifier l'injustifiable 

« D’abord, on tire, on tue, et ensuite on réfléchit », affirme Weiman. Il cite notamment les opérations autour de l’hôpital Nasser, la mort de 15 secouristes à Rafah et plusieurs frappes aériennes. Les éléments invoqués a posteriori peuvent, selon lui, être très larges : proximité d’un bâtiment associé au Hamas, lien familial avec un membre du mouvement ou apparition ancienne sur une liste de paie.

Breaking the Silence affirme que les soldats ayant ouvert le feu ne disposaient pas nécessairement de ces informations au moment de l’attaque. L’organisation estime ainsi que les explications fournies ensuite servent aussi à préserver la légitimité internationale de l’armée.

L’ONG dit avoir retrouvé le même schéma dans plusieurs témoignages de militaires, y compris concernant des Palestiniens désarmés ou mineurs ensuite qualifiés de « terroristes ». Elle dénonce plus largement des règles d’engagement jugées très permissives depuis le 7 octobre 2023.

Breaking the Silence estime enfin que ces règles ont contribué au nombre élevé de journalistes tués à Gaza, les caméras pouvant être considérées comme une menace potentielle par les forces israéliennes. Ces accusations reposent sur des témoignages recueillis auprès de soldats et réservistes israéliens.