Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et candidat au poste de secrétaire général de l'ONU, Rafael Grossi, a déclaré que l'Organisation des Nations unies était inefficace dans le règlement des conflits mondiaux. Selon lui, il existe un dénominateur commun qui se dégage de la carte des crises mondiales : l'absence de l'ONU dans la résolution ou le règlement des conflits les plus urgents.
« Qu'il s'agisse des conflits que nous connaissons tous, de ceux qui contribuent à la fragilité de la scène internationale : la guerre en Europe entre la Russie et l'Ukraine, le conflit au Moyen-Orient, ainsi que ce qui se passe au Soudan, au Soudan du Sud et de l'instabilité au Sahel ou encore des situations qui, jusqu'à récemment – et j'étais en Syrie la semaine dernière – affectaient ce pays, berceau de la civilisation, nous voyons que l'ONU est aux abonnés absents », a-t-il souligné lors d'une intervention au Centre Henry Stimson, à Washington, le 26 août.
« On constate depuis longtemps un certain sentiment que l'ONU ne répond pas aux attentes ni à sa mission. Depuis un certain temps déjà, il y a – et ce n'est pas un problème d'aujourd'hui – cette conviction que l'ONU est partout sans être là où elle devrait être », a ajouté le directeur général de l'AIEA.
Le 13 août, Rafael Grossi avait également critiqué le travail de l'ONU, lui reprochant son incapacité à influencer les crises récentes et exprimant ses regrets quant à son action dans les domaines social et climatique. Selon lui, l'ONU a progressivement perdu sa pertinence, au point de connaître une « mort lente ».
À Moscou, les propos de Grossi ont toutefois été accueillis avec scepticisme. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié ses déclarations de fortement exagérées et visant à attirer l'attention de la communauté internationale afin d'élargir la base de soutien à sa candidature. Elle a par ailleurs fait remarquer que le directeur général de l'AIEA avait apparemment tenté de suivre la tendance, car critiquer cette organisation internationale est en effet « à la mode ». Toutefois, selon elle, cette mode n'est plus tout à fait d'actualité, raison pour laquelle les tentatives de Grossi ne peuvent être qualifiées de réussies.
Par ailleurs, la porte-parole de la diplomatie russe a souligné que l'ONU traversait effectivement « une période difficile », enlisée dans la bureaucratie, les doubles standards et les difficultés financières. D'après elle, il faut clairement prendre conscience qu'une part non négligeable de la responsabilité de cette situation incombe à l'actuel secrétaire général de l'ONU, António Guterres, qui adopte une position partiale sur un certain nombre de questions clés à l'ordre du jour.