Les nouvelles sanctions contre l'Iran annoncées par l'administration américaine n'ont provoqué ni la peur ni le choc promis par le président Donald Trump, rapporte Axios le 25 août, qui estime que les mesures présentées par Washington le 24 août s'apparentent avant tout à un nouvel ultimatum élargi spécifiquement à Téhéran.
Après plusieurs mois de menaces d'une attaque massive contre l'Iran, Donald Trump semble désormais privilégier la pression économique. À l'approche des élections de mi-mandat au Congrès, le président américain aurait fait de l'asphyxie économique sa stratégie de prédilection, relève Axios.
Le média américain juge que cette approche aurait plusieurs avantages pour Washington. Les sanctions, associées au blocus maritime, permettront aux États-Unis de maintenir une forte pression sur Téhéran sans risquer de provoquer immédiatement de nouvelles turbulences sur le marché pétrolier. Elles aideront également l'administration américaine à éviter, au moins dans l'immédiat, un engagement encore plus profond dans le conflit.
L'efficacité de cette stratégie reposerait cependant en grande partie sur sa crédibilité, toujours selon Axios. Pour que la pression fonctionne, la Chine, les Émirats arabes unis et les autres pays qui entretiennent des relations avec l'Iran doivent être convaincus que Donald Trump est réellement prêt à leur imposer les sanctions sans précédent dont il les menace.
Il est à noter que la législation américaine donne à l'exécutif les moyens d'adopter de lourdes sanctions secondaires contre les partenaires de Téhéran. Mais cet instrument n'a jusqu'ici été utilisé que de manière relativement limitée.
Cette situation nourrit les doutes sur la détermination réelle de Washington. Dans un éditorial critique à l'égard de la position du président américain, The Wall Street Journal estime, de son côté, qu'à ce stade, le reste du monde devra voir ces mesures effectivement appliquées pour y croire. Le journal rappelle notamment les six mois de menaces formulées par Donald Trump, les échéances régulièrement repoussées et ses prévisions répétées d'une victoire rapide dans la guerre contre l'Iran.
Des pertes considérables pour le renseignement américain
Dans le même temps, les États-Unis subiraient de lourds dégâts au Moyen-Orient. Selon les informations rapportées par NBC News le 25 août, les frappes iraniennes menées à l'aide de missiles et de drones ont provoqué des dégâts « sans précédent » aux installations et aux équipements de renseignement américains au Moyen-Orient.
L'ampleur des destructions dépasserait toutes les pertes précédemment subies par les services de renseignement américains. Leur réparation et le remplacement des équipements endommagés devraient nécessiter plusieurs milliards de dollars.
La guerre entre les États-Unis et l'Iran a commencé en février. Un cessez-le-feu avait été conclu en juin, mais il n'a duré que quelques semaines. Les combats ont repris après que Téhéran a accusé Washington de ne pas respecter les termes de l'accord.