International

«Nous n’avons pas commencé cette guerre, mais nous ne permettrons pas qu’elle se termine aux conditions de l’agresseur», affirme le ministère iranien des Affaires étrangères

Alors que Washington prépare une offensive financière d’ampleur contre la République islamique, Téhéran affiche sa détermination et avertit les pays qui soutiendraient des opérations contre son territoire. En parallèle, l’Iran renforce ses contacts avec Oman et le Pakistan autour de la sécurité du détroit d’Ormuz au cœur des tensions régionales.

L’Iran a réaffirmé qu’il n’accepterait pas une fin du conflit dictée par ses adversaires. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a assuré ce 24 août que Téhéran ne céderait pas sur la défense de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. « Nous n’avons certainement pas commencé la guerre, mais nous ne permettrons pas que sa fin soit déterminée aux conditions de l’agresseur », a-t-il déclaré.

Baghaï a également estimé que ceux que Téhéran considère comme les initiateurs du conflit devaient assumer la responsabilité de leurs actes. « L’agresseur doit répondre de ses actes », a-t-il insisté.

La diplomatie iranienne a parallèlement adressé un avertissement aux pays mettant leurs infrastructures à la disposition des forces américaines. Selon Baghaï, lorsqu’un territoire est utilisé pour mener des opérations contre l’Iran, Téhéran se réserve le droit de répondre contre « la source ou le point de départ » de l’action hostile.

Le message concerne notamment la Bulgarie, où étaient stationnés des avions ravitailleurs américains. Plusieurs de ces appareils auraient depuis quitté le pays. Téhéran a présenté leur déploiement comme une forme de soutien aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Cette fermeté est également affichée par le commandement militaire iranien. Le général Amir Hatami a insisté sur la capacité du pays à poursuivre sa défense sur le long terme et sur le rôle de son industrie nationale de défense. Il a averti que l’Iran ne devait pas être considéré comme un terrain d’expérimentation pour des « aventures militaires ».

Ormuz au centre des échanges régionaux

Dans le même temps, Téhéran maintient ses consultations avec plusieurs acteurs régionaux. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad al-Busaidi, doit se rendre dans la capitale iranienne pour discuter notamment de la sécurité du détroit d’Ormuz et des routes maritimes.

L’Iran a également confirmé la visite du chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, alors que Téhéran et Islamabad cherchent à renforcer leurs relations. La diplomatie iranienne a précisé que les visites pakistanaise et omanaise étaient distinctes.

Le détroit d’Ormuz demeure l’un des principaux foyers de tension du conflit. Le trafic maritime y a fortement diminué ces derniers jours, alors que cette voie reste essentielle au commerce mondial des hydrocarbures. Téhéran a par ailleurs rejeté les affirmations américaines faisant état d’une circulation normale dans le détroit, les qualifiant de guerre de l’information.

Washington intensifie la pression économique

Le conflit avait connu une tentative d’arrêt des hostilités en juin avant la reprise des frappes américaines en juillet, Washington invoquant alors un différend autour des engagements liés au détroit d’Ormuz.

L’administration américaine entend désormais accentuer la pression économique sur l’Iran.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a annoncé le 23 août l’entrée des États-Unis dans ce qu’il présente comme la « phase finale » du conflit. Il a promis une offensive financière d’une ampleur sans précédent. Il a qualifié cette nouvelle étape de « jour J économique ».

Téhéran a contesté cette présentation. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a pointé ce qu’il considère comme une contradiction dans le discours américain : Washington affirme avoir considérablement réduit le potentiel militaire iranien et affaibli son programme nucléaire, tout en estimant nécessaire de mobiliser des moyens économiques exceptionnels contre le pays.

Gharibabadi a ainsi demandé si cette nouvelle offensive constituait réellement une victoire ou plutôt « un amer aveu d’échec ».

Face à l’intensification de la pression américaine, Téhéran maintient sa position : aucune fin de guerre imposée par ses adversaires, défense de son territoire face aux infrastructures utilisées contre lui et poursuite des contacts régionaux autour d’Ormuz. La nouvelle offensive financière annoncée par Washington ouvre ainsi un nouveau volet du bras de fer, sans modifier pour l’heure la ligne affichée par les autorités iraniennes.