Le patron de Volkswagen, Oliver Blume, a alerté les salariés sur la situation du constructeur dans un communiqué interne publié sur l’intranet du groupe. À l’approche d’une série d’assemblées du personnel consacrées au futur plan de restructuration, il a prévenu que de nouvelles réductions de coûts seraient nécessaires et que les prochaines semaines seraient déterminantes.
Cette alerte intervient alors que Volkswagen cherche depuis plusieurs mois à accélérer un vaste programme d’économies. Le groupe reste rentable, mais sa marge opérationnelle d’environ 3,8 % est jugée insuffisante par la direction pour financer durablement les nouvelles technologies, les futurs modèles et ses sites industriels. Dans le même temps, ses frais généraux restent supérieurs de plus de 30 % à ceux d’entreprises comparables.
Des économies importantes ont pourtant déjà été réalisées en Allemagne : les coûts des usines ont baissé d’environ 20 % en moyenne au cours de l’année précédente. Pour Blume, l’effort reste insuffisant. Il décrit Volkswagen comme « surdimensionné, trop lent et trop compliqué ».
Aux difficultés internes s’ajoute un environnement commercial international de plus en plus contraignant. Le constructeur doit composer avec la montée en puissance des groupes chinois, le recul de ses profits sur le marché chinois et les droits de douane imposés par les États-Unis. Blume cite également les barrières commerciales, la réglementation et la faiblesse de certains marchés parmi les facteurs qui pèsent désormais sur l’industrie automobile mondiale.
Emplois, investissements et usines sous pression
Pour réduire ses coûts et retrouver davantage de marge de manœuvre, Volkswagen envisage d’aller plus loin dans sa restructuration. Un premier programme prévoit déjà environ 50 000 suppressions de postes. Un scénario portant sur 50 000 emplois supplémentaires est également évoqué, ce qui pourrait porter l’ampleur totale des réductions d’effectifs à près de 100 000 postes. La direction souligne toutefois que ce chiffre supplémentaire n’est pas un objectif officiellement arrêté, mais un ordre de grandeur lié aux économies recherchées.
Les mesures envisagées ne concernent pas seulement l’emploi. Les investissements prévus pour la période 2027-2031 pourraient passer de 180 à 135 milliards d’euros, signe de la pression croissante exercée sur les finances du groupe.
Quatre sites allemands se trouvent au cœur des discussions : Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm. Selon les projections du groupe, ils ne devraient pas atteindre un niveau d’utilisation de leurs capacités jugé compétitif au cours des années 2030. Aucune fermeture n’a cependant été décidée à ce stade. Le conseil de surveillance doit poursuivre l’examen du plan de restructuration le 4 septembre.
Bras de fer avec les syndicats
L’avenir de ces sites est désormais au centre du bras de fer avec les représentants du personnel. Christiane Benner, présidente d’IG Metall et vice-présidente du conseil de surveillance de Volkswagen, considère les objectifs de rentabilité du groupe comme irréalistes dans le contexte géopolitique et économique actuel. Elle réclame une révision du plan et exclut toute fermeture d’usine.
De son côté, Blume appelle les salariés à soutenir la transformation engagée, qu’il présente comme « la plus grande transformation de son histoire ». Les prochaines semaines devront donc permettre de trancher plusieurs questions centrales : l’ampleur des économies, le nombre d’emplois concernés et l’avenir de plusieurs sites industriels allemands, alors que le groupe fait face à la fois à ses propres coûts structurels et à un environnement commercial international de plus en plus difficile.