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Canada–États-Unis : nouvelle bataille tarifaire en vue après l’échec des négociations

Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont échoué le 21 août, ouvrant la voie à l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains de 50%. Ottawa promet une riposte équivalente, alors que l’économie canadienne est déjà fragilisée par plus d’un an de tensions commerciales avec son principal partenaire.

Le suspense aura duré jusqu’au dernier moment. Après plusieurs semaines de discussions intensives, Ottawa et Washington ne sont finalement pas parvenus à trouver un compromis sur leurs relations commerciales. Les négociations ont été interrompues le 21 août, quelques minutes seulement avant l’expiration du nouvel ultimatum fixé par les États-Unis.

Un accord semblait pourtant possible quelques jours plus tôt. Washington avait accepté, le 18 août, de reporter de trois jours l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane afin de donner une dernière chance aux négociateurs de parvenir à un accord.

Mais les discussions ont finalement achoppé sur les conditions posées par les États-Unis. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a reconnu que les deux parties avaient réalisé « des progrès importants », tout en estimant que les dernières propositions américaines étaient « inéquitables » et remettaient en cause la fiabilité d’un éventuel accord.

Des droits de douane de 50 % dès ce 22 août

L’échec des négociations expose désormais le Canada à de nouveaux droits de douane de 50 % sur une large gamme de produits, allant de l’automobile au miel, en passant par les produits laitiers, le ciment, les huiles essentielles ou encore les crosses de hockey.

Ces mesures concernent environ 28 milliards de dollars canadiens (17 milliards d’euros) de marchandises, soit près de 5 % des exportations annuelles canadiennes vers les États-Unis.

Ottawa a promis de répondre « au dollar près », en imposant des droits de douane équivalents sur des produits américains. Le gouvernement canadien n’a toutefois pas encore précisé quels produits seraient ciblés ni à quelle date ces mesures entreraient en vigueur.

« Nous ne laisserons aucun pays décider de notre avenir », a affirmé Mark Carney, défendant une stratégie destinée à renforcer l’autonomie économique du Canada face à son voisin américain.

Washington, de son côté, rejette la responsabilité de l’échec sur Ottawa. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a accusé le gouvernement canadien d’avoir formulé de nouvelles exigences et d’être revenu sur certains engagements.

Selon lui, les États-Unis étaient prêts à proposer des réductions tarifaires importantes sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et le bois d’œuvre, ainsi qu’un partenariat renforcé dans les domaines économique et sécuritaire.

Une économie déjà sous pression

L’entrée en vigueur de ces nouveaux droits de douane intervient alors que plusieurs secteurs de l’économie canadienne sont déjà fragilisés par plus d’un an de guerre commerciale avec les États-Unis.

Ottawa devrait ainsi présenter un nouveau plan de soutien destiné aux entreprises et aux travailleurs affectés par les conséquences des mesures américaines.

L’échec des négociations constitue également un test politique majeur pour Mark Carney. Sa volonté d’adopter une ligne ferme face à Washington pourrait raviver les divergences entre les provinces canadiennes, certaines privilégiant la confrontation tandis que d’autres plaident pour davantage de compromis afin de préserver les échanges transfrontaliers.