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Présidentielle française et réduction de la présence américaine en Europe : l’OTAN confrontée à de nouvelles incertitudes internes

Les équilibres au sein de l’OTAN pourraient être bousculés dans les prochains mois. En France, plusieurs figures défendent une prise de distance avec l’Alliance alors que les pays de l’Est cherchent, eux, à maintenir les forces américaines sur leur sol malgré le réexamen engagé par Washington. Une évolution qui accentue les tensions.

À huit mois du scrutin, la présidentielle française de 2027 suscite une inquiétude croissante au sein de l’OTAN. Selon un article publié par Politico le 22 août, plusieurs responsables de l’Alliance redoutent qu’un changement politique à Paris ne perturbe son fonctionnement militaire, alors que Washington a déjà commencé à réduire certaines de ses forces en Europe.

Marine Le Pen défend le retrait de la France du commandement militaire intégré. « Nous devons quitter le commandement intégré de l’OTAN », déclarait-elle fin mai. Jean-Luc Mélenchon va plus loin en prônant une sortie complète de l’Alliance, sur fond de critiques de la politique américaine.

Un tel scénario ne serait pas inédit. En 1966, sous Charles de Gaulle, la France avait quitté le commandement militaire intégré au nom de sa souveraineté, tout en restant membre de l’OTAN. Paris n’a réintégré ces structures qu’en 2009, sous Nicolas Sarkozy.

Les préoccupations de l’Alliance tiennent notamment au poids militaire français. Paris dispose de l’unique arsenal nucléaire de l’Union européenne, d’un porte-avions à propulsion nucléaire, d’importantes capacités navales et de satellites de renseignement CERES. La France représente également environ 10 % du budget opérationnel annuel de l’OTAN, estimé à 5,3 milliards d’euros.

Un retrait pourrait affecter le groupe de combat de 1 200 militaires placé sous commandement français en Roumanie, les déploiements en Estonie ainsi que la coopération informelle dans le domaine nucléaire. Selon le sondage interne cité par Politico, seuls 54 % des Français interrogés voteraient pour rester dans l’OTAN, soit le deuxième niveau le plus faible parmi les 32 pays membres.

L’Europe de l’Est cherche à retenir Washington

Alors qu’en France une partie du paysage politique défend davantage de souveraineté vis-à-vis des structures de l’OTAN, plusieurs pays du flanc oriental suivent une logique inverse : ils cherchent à maintenir les forces américaines sur leur territoire.

Selon un article publié par Bloomberg le 21 août, ces États envisagent de prendre en charge une part plus importante du coût de la présence américaine afin de convaincre l’administration de Donald Trump de ne pas réduire davantage les effectifs.

La proposition doit être discutée le 27 août à Bruxelles lors d’une rencontre avec le sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique, Elbridge Colby. En parallèle, le Pentagone mène un examen de six mois de son dispositif militaire en Europe, dont les conclusions sont attendues en décembre.

Washington a également adressé aux alliés un questionnaire portant sur leur soutien public à la politique étrangère américaine, les éventuelles restrictions à l’utilisation des bases des États-Unis et leurs achats auprès des groupes de défense américains. Entre 80 000 et 100 000 militaires américains sont présents en Europe selon les rotations et les exercices, dont plus d’un tiers en Allemagne. Washington a déjà annoncé le retrait de 5 000 militaires de ce pays.

Des choix opposés au sein de l’Alliance

Les deux dossiers mettent ainsi en évidence des orientations opposées au sein de l’OTAN. Sur son flanc oriental, plusieurs États se montrent prêts à supporter davantage de dépenses pour conserver les troupes américaines. En France, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon défendent, à des degrés différents, une réduction de l’engagement du pays dans les structures de l’Alliance.

Le contraste intervient alors que Washington réévalue lui-même l’ampleur de sa présence militaire en Europe. Il souligne aussi les divergences persistantes entre les membres de l’OTAN sur leur relation avec les États-Unis, leur degré d’autonomie militaire et plus largement leur politique à l’égard de la Russie.