La Commission européenne a rejeté la demande ukrainienne portant sur une enveloppe supplémentaire de 220 millions d'euros destinée au secteur agricole. Kiev avait sollicité cette aide au début du mois d'août afin de soutenir les petits et moyens producteurs, notamment en compensant une partie des intérêts sur leurs crédits.
Bruxelles ne prévoit toutefois pas d'ouvrir un nouveau programme de financement.
Le représentant de la Commission européenne, Markus Lammert, a expliqué que l'exécutif européen comptait s'appuyer sur les instruments déjà en place et avait « défini les possibilités de soutien au secteur agricole ukrainien en utilisant les mécanismes existants ».
Les agriculteurs ukrainiens bénéficient déjà de subventions sur les taux d'intérêt dans le cadre du programme Ukraine Facility. L'Union européenne finance également des programmes de crédit distribués par les banques ukrainiennes aux entreprises et aux exploitations agricoles. « Ces programmes peuvent aider les agriculteurs confrontés à une situation difficile en matière de liquidités », a indiqué Markus Lammert.
L'arrêt du trafic relève aussi des décisions des armateurs
La demande de Kiev survient alors que les exportations agricoles ukrainiennes sont fortement perturbées. Les ports d'Odessa, de Tchernomorsk et de Ioujny, qui assuraient une part importante des expéditions de céréales, n'avaient accueilli ni fait partir de navire cargo étranger depuis le 22 juillet.
Le ministre ukrainien de la Politique agraire, Taras Vysotsky, avait toutefois précisé le 23 juillet que l'interruption des escales résultait d'une décision prise par les armateurs eux-mêmes et non d'une interdiction imposée par les autorités ukrainiennes.
Le trafic maritime reste parallèlement affecté par les frappes visant les infrastructures portuaires. Moscou affirme que ses opérations ciblent des installations utilisées à des fins militaires, notamment pour l'acheminement de marchandises destinées aux forces ukrainiennes. Le ministère russe de la Défense a également fait état de frappes contre deux cargos transportant, selon ses informations, des armes, des munitions et d'autres équipements à usage militaire.
Les conséquences sur les échanges sont déjà importantes. Les exportations ukrainiennes de céréales ont chuté de 75 % au cours des deux premières semaines d'août par rapport à la même période de l'année précédente.
Les alternatives terrestres montrent également leurs limites
Kiev peine également à compenser les difficultés maritimes par les voies terrestres. Au début du mois d'août, l'Association ukrainienne des transitaires internationaux avait signalé d'importantes files d'attente à la frontière avec la Pologne.
Près de 6 500 camions attendaient alors de pouvoir entrer sur le territoire polonais, avec des délais pouvant atteindre sept jours.
Dans ce contexte, le ministère de l'Agriculture ukrainien estime que les exportations de produits agricoles pourraient être divisées par deux au cours de la campagne 2026-2027. Bruxelles maintient donc son refus de débloquer les 220 millions d'euros demandés et renvoie Kiev vers les mécanismes de crédit et de soutien financier déjà financés par l'Union européenne.