International

Washington expulse des Mexicains vers le Guatemala malgré l'opposition de Mexico

Les États-Unis ont transféré 2284 ressortissants mexicains vers le Guatemala avant leur rapatriement au Mexique. Cette procédure s’inscrit dans le recours accru de l’administration Trump aux expulsions via des pays tiers, notamment à des fins de dissuasion.

Les États-Unis ont expulsé cette année près de 2 300 ressortissants mexicains vers le Guatemala plutôt que directement vers leur pays d'origine, une pratique dénoncée par le Mexique et qui illustre le durcissement de la politique migratoire de Donald Trump.

Le président du Guatemala Bernardo Arévalo a indiqué le 19 août que 2 284 Mexicains avaient été transférés depuis les États-Unis à bord de vols transportant également des Guatémaltèques envoyés. Leur passage reste cependant temporaire : en coordination avec les autorités mexicaines, ils sont acheminés vers leur pays dans les 24 heures suivant leur arrivée, aux frais des autorités mexicaines ou américaines.

Des tensions croissantes entre le Mexique et Washington 

Cette procédure s'inscrit dans le recours croissant de Washington aux expulsions vers des pays tiers. L'administration Trump défend cette stratégie comme l'un des instruments de sa vaste campagne d'éloignement des migrants en situation irrégulière. Dans le cas des Mexicains, elle apparaît néanmoins particulière puisque le Mexique accepte déjà le retour de ses propres ressortissants.

Le Mexique a officiellement exprimé son opposition à Washington, rappelant que tout citoyen mexicain dispose du droit de rentrer directement dans son pays. Des transferts similaires auraient également été effectués vers le Honduras. Selon l'Institut national des migrations mexicaines, les autorités américaines présentent notamment cette pratique comme un moyen de dissuader les personnes expulsées de tenter de revenir aux États-Unis.

Le dossier ajoute une nouvelle source de tension à une relation américano-mexicaine déjà complexe. Mexico coopère avec Washington pour contrôler les flux migratoires tout en dénonçant certaines méthodes employées par les services américains.

La question des conditions de détention est également devenue sensible. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, au moins 14 Mexicains sont morts en détention de l'ICE et trois autres lors d'opérations de contrôle, selon les données citées. Le gouvernement mexicain a engagé des démarches judiciaires aux États-Unis et réclame un meilleur accès consulaire à ses ressortissants détenus.