Les États-Unis et le Canada ont trouvé le 18 août un compromis de dernière minute permettant de repousser l'entrée en vigueur de droits de douane américains de 50 % sur plusieurs milliards de dollars de produits canadiens. Donald Trump a annoncé la suspension quelques heures avant son application, initialement prévue à minuit.
Le Premier ministre Mark Carney a confirmé que le sursis courrait jusqu'au 22 août, laissant trois jours supplémentaires pour finaliser un accord.
Les nouvelles taxes concerneraient environ 20,2 milliards de dollars d'exportations canadiennes, notamment dans l'électronique, les machines industrielles, l'ameublement, les produits laitiers et le vin. L'enjeu est considérable pour Ottawa : près de 70 % des exportations canadiennes sont destinées au marché américain, contre environ 30 % des exportations américaines dirigées vers le Canada.
En attendant une autre brouille ?
Le compromis intervient après plusieurs semaines de négociations tendues et un échange entre Trump et Carney le 18 août. Peu de détails ont été dévoilés, mais le président américain a évoqué parallèlement une possible relance de Keystone XL. Abandonné en 2021 après la révocation d'un permis par Joe Biden, ce projet d'oléoduc devait acheminer environ 830 000 barils de pétrole par jour de l'Alberta jusqu'au Nebraska.
Les droits de douane avaient été annoncés en réaction à ce que Washington considère comme des pratiques canadiennes discriminatoires concernant notamment les automobiles, les produits laitiers et les boissons alcoolisées d'origine américaine.
Leur particularité réside dans le fait qu'ils pourraient toucher des marchandises jusqu'ici exemptées dans le cadre de l'accord États-Unis-Mexique-Canada.
Ottawa doit cependant composer avec ses provinces, dont huit sur dix ont restreint la vente d'alcools américains en représailles aux mesures de Washington. Plusieurs dirigeants provinciaux refusent également de céder sur le système canadien de quotas agricoles. Carney, qui reconnaît que des progrès ont été réalisés, prévient ainsi qu'un travail important reste nécessaire pour parvenir à un compromis durable.