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Ben Gvir appelle à tuer «30 à 40» personnes à Gaza chaque nuit

Le ministre israélien de la Sécurité nationale a provoqué une onde de choc en réclamant des éliminations quotidiennes à Gaza. Tenant des propos d'une extrême violence où il dénie l'humanité de certains Palestiniens, le chef de l'extrême droite fustige les concessions de Benjamin Netanyahou et exige la recolonisation totale de l'enclave.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chef du parti israélien d’extrême droite Otzma Yehudit, a appelé à des éliminations quotidiennes dans la bande de Gaza. Il a tenu ces propos radicaux dans un podcast animé par Rom Braslavski, ancien otage du Hamas, propos largement relayés ensuite par tous les médias.

« Je pense qu’à Gaza, il faut mener chaque nuit des éliminations ciblées : en éliminer 30 ou 40. Et pas seulement ceux qui représentent une menace à un moment donné. Il y a là-bas des gens qui ne devraient pas exister. Ils ne devraient pas être en vie. Je fais déjà preuve d’indulgence en les qualifiant de personnes », a-t-il déclaré, en exprimant son désaccord avec la politique du Premier ministre Benjamin Netanyahou visant à réduire l’intensité des opérations militaires afin de s’aligner sur le plan de paix proposé par l’administration du président américain Donald Trump.

Ben Gvir a également appelé à la reprise de la construction de colonies israéliennes sur l’ensemble du territoire de l’enclave, et pas seulement dans la région de Gush Katif, qui a été démantelée en 2005 dans le cadre du plan de « désengagement unilatéral » d’Israël. En ce qui concerne la population palestinienne, il a soutenu l’idée d’encourager l’émigration, en ajoutant que « les terroristes ne doivent pas être expulsés, mais tués ». 

Les colonies israéliennes sont les localités créées par Israël sur les territoires placés sous son contrôle après 1967. La plupart d’entre elles sont situées en Cisjordanie et sur le plateau du Golan. L'ONU considère que ces colonies sont illégales et constituent l'un des principaux obstacles à la création d'un État palestinien indépendant, mais Israël revendique des droits historiques sur ces territoires.

Un ministre controversé

Ben Gvir est l’un des hommes politiques israéliens les plus controversés en raison de ses opinions à l’égard des Palestiniens et des citoyens israéliens d’origine arabe. En 2007, il a été reconnu coupable d’incitation au racisme pour ses propos tenus à l’encontre de députés arabes de la Knesset.

Au sein du gouvernement actuel, Ben Gvir est chargé de la police et du système pénitentiaire. Depuis le début de la nouvelle flambée de la guerre à Gaza, il a tenu à plusieurs reprises des propos radicaux à l’encontre des Palestiniens et sur la manière dont Israël devrait agir dans la bande de Gaza et au sud du Liban.

En novembre 2025, Al Jazeera a rapporté que Ben Gvir avait déclaré, lors du congrès du parti Otzma Yehudit, que le peuple palestinien « n’existe pas », qualifiant les Palestiniens de « rassemblement d’immigrés venus des pays arabes sur la terre d’Israël », responsables de « la terreur », de « meurtres » et d’« atrocités ». Il a également déclaré que si l’ONU votait en faveur de la création d’un État palestinien, il faudrait arrêter le président de l’autorité nationale palestinienne Mahmoud Abbas et éliminer certains hauts responsables palestiniens.

En mai 2026, Ben Gvir s’est retrouvé au cœur d’une crise internationale après la diffusion d’images montrant des militants détenus lors de l’interception d’une flottille humanitaire à destination de Gaza. Ces images montraient des dizaines de détenus à genoux, les mains liées, tandis que Ben-Gvir déclarait « Bienvenue en Israël » et s’exclamait : « Le peuple d’Israël est vivant ! ». La vidéo a ensuite déclenché une vague d’indignation diplomatique et des accusations de mauvais traitements. Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères, a alors dénoncé Ben Gvir, en déclarant sur X : « Vous avez sciemment nui à notre État avec ce spectacle honteux, et ce n’est pas la première fois. »