Alors que le processus de négociation entre l'Iran et les États-Unis est dans l'impasse, la situation au Moyen-Orient reste tendue et risque de s'aggraver. Selon le Wall Street Journal (WSJ), Téhéran pourrait se préparer à un nouveau cycle de confrontation avec les États-Unis, en considérant les efforts conjoints de Washington et de Tel Aviv en faveur d'un cessez-le-feu comme une simple manœuvre.
Le journal américain, citant des sources, a indiqué que, selon les autorités iraniennes, les négociations actuelles ne seraient qu'un intermédiaire avant le conflit, et que le mémorandum conclu et signé à la mi-juin dernier constituerait une tentative des États-Unis et d'Israël d'atténuer la pression sur l'économie mondiale et de gagner du temps. Les auteurs de l'article ont souligné que la volonté de Téhéran de riposter témoigne d'une profonde méfiance qui pourrait empêcher les deux parties de parvenir à un accord durable permettant de mettre rapidement fin au conflit.
Toujours selon le Wall Street Journal, dans le cadre de leurs préparatifs, les responsables iraniens renforcent le contrôle du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur l'armée régulière, nomment à des postes clés des vétérans de la guerre contre l'Irak et étendent les opérations de contre-espionnage intérieur, tout en améliorant la production de missiles et de drones. Selon le journal, Téhéran est également en contact avec des combattants du Yémen et d'Irak afin de préparer ses forces à une extension du conflit et à alourdir le fardeau financier des États-Unis. L'objectif principal, selon le WSJ, est d'intensifier la « souffrance » afin d'empêcher toute répétition du conflit.
L'Iran déclare le détroit d'Ormuz fermé aux États-Unis
Alors que les déclarations du président américain Donald Trump, selon lesquelles « le détroit d'Ormuz deviendra un territoire des États-Unis » une fois qu'il aura « fini de battre l'Iran », ont déjà suscité des critiques, le commandant en chef de l'armée iranienne, le général Amir Hatami, cité par l'agence de presse iranienne Mehr, a déclaré que les États-Unis n'auraient plus le droit d'entrer dans les golfes Persique et d'Oman, ni dans le détroit d'Ormuz.
Selon lui, les troupes américaines sont de fait « chassées » : les bases américaines de la région ne pourront pas retrouver leur statut antérieur, et l'Iran ne permettra pas la création de nouvelles installations qui menaceraient l'État islamique. Le général iranien a souligné que Téhéran avait déjà « remporté la victoire sur ce front » et qu'il « consolidait » cette victoire, ajoutant que le locataire de la Maison-Blanche avait cru par « stupidité » que les États-Unis pourraient remporter des succès en Iran.
Les déclarations d'Amir Hatami interviennent alors que CNN a fait état d'une réduction significative de la liste des objectifs que les États-Unis se sont fixés en Iran. Selon la chaîne, l'administration Trump a revu ses objectifs dans ce conflit et les a limités à deux points : empêcher Téhéran de se doter d'armes nucléaires et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz afin de maintenir les prix du carburant. Auparavant, la liste de Washington comprenait des points tels que la capitulation totale de l'Iran et le changement de gouvernement iranien.
Les États-Unis envisagent-ils d'utiliser à l'arme nucléaire ?
Par ailleurs, Washington pourrait envisager des mesures militaires plus radicales : Marjorie Taylor Greene, ancienne membre républicaine de la Chambre des représentants (chambre basse du Congrès américain), a affirmé que le gouvernement américain discuterait, lors de réunions stratégiques, du recours à l'arme nucléaire contre l'Iran.
Selon elle, les autorités américaines examinaient notamment la possibilité d'« abaisser le seuil » d'utilisation des armes de destruction massive, bien que le président américain Donald Trump ait déclaré à plusieurs reprises avoir remporté la victoire dans ce conflit. Elle a appelé la population à « se faire entendre » et à mettre un terme de manière résolue à cette « folie ». Ni la Maison Blanche ni le Pentagone n'ont confirmé ni infirmé cette information.
Dans le même temps, les alliés des États-Unis au Moyen-Orient expriment un mécontentement croissant face aux agissements du président américain concernant sa guerre contre l'Iran. Selon le Washington Post, Riyad, Abou Dhabi, Doha et le Koweït craignent l'incohérence de la diplomatie américaine et cherchent à diversifier leurs partenariats dans le domaine de la défense, tout en restant dépendants des États-Unis pour leur sécurité.
Des responsables américains expriment également leur inquiétude, évoquant notamment l'absence de stratégie claire de l'administration Trump à l'égard de l'Iran. Certains d'entre eux soulignent la situation particulièrement dangereuse dans laquelle Washington ne dispose plus que d'options complexes, tandis que d'autres affirment qu'il n'y a pas d'issue à la situation actuelle.