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Iran : Araghchi répond aux critiques de Paris et accuse la France d’«hypocrisie» sur les droits de l’homme

Le chef de la diplomatie iranienne a riposté aux critiques françaises sur les droits de l’homme, accusant Paris de «deux poids, deux mesures». Pour Téhéran, la France a largement entamé sa crédibilité en invoquant le droit international tout en défendant, au Moyen-Orient, des positions jugées contraires aux principes qu’elle affirme porter.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a vivement critiqué la France sur les questions de droits de l'homme et de droit international. Dans un message publié sur X, il a accusé Paris d'« hypocrisie flagrante » et estimé que la France n'était plus en position de donner des leçons aux autres pays.

« Les pays comme la France devraient cesser de faire la leçon au monde sur les "droits de l'homme" et le droit international. L'hypocrisie est flagrante et embarrassante », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne.

Cette prise de position survient après une déclaration signée par la France et 25 autres pays, ainsi que par la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas. Les signataires accusent les autorités iraniennes de poursuivre les exécutions de manifestants et dénoncent, plus largement, le recours à la peine capitale en Iran. Ils appellent également Téhéran à libérer les personnes qu'ils considèrent comme arbitrairement détenues.

Gaza au cœur du reproche iranien

Abbas Araghchi a immédiatement renvoyé Paris à sa politique au Moyen-Orient. « Votre soutien au génocide commis par Israël à Gaza – ainsi qu'à l'agression contre l'Iran – a détruit toute supériorité morale que vous pensiez avoir », a-t-il affirmé dans le même message.

Le ministre iranien élargit ainsi sa critique au-delà du seul cas français. Téhéran accuse depuis longtemps plusieurs gouvernements occidentaux d'invoquer les droits de l'homme et le droit international de manière sélective, tout en maintenant leur soutien à Israël malgré les conséquences de l'offensive israélienne à Gaza.

Pour Téhéran, Paris ne peut invoquer les droits de l'homme tout en soutenant une politique au Moyen-Orient que l'Iran juge contraire aux principes défendus par la France elle-même. Les autorités iraniennes estiment également que l'attitude française lors de ce qu'elles présentent comme une agression américano-israélienne contre l'Iran a encore affaibli la crédibilité de Paris.

Un contentieux plus large entre Téhéran et Paris

Cette nouvelle confrontation verbale s'inscrit dans des relations déjà tendues entre l'Iran et plusieurs capitales européennes. Téhéran avait auparavant adressé un « avertissement sérieux » à la France et au Royaume-Uni au sujet de la situation dans le détroit d'Ormuz.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, avait alors prévenu que ceux qui « provoquent une crise » devraient répondre des conséquences de leurs actions.