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Londres voudrait renouer le dialogue militaire avec Moscou

Le Royaume-Uni envisagerait de renouer le dialogue entre les états-majors britannique et russe, interrompu depuis près de quatre ans. Londres redoute qu'un incident, notamment en mer, ne dégénère en confrontation directe avec Moscou et cherche à rétablir un canal permettant aux deux armées de communiquer en cas de crise majeure.

Le Royaume-Uni souhaiterait rétablir les contacts directs avec le commandement militaire russe afin de réduire le risque qu'un incident ne provoque une confrontation entre les deux pays, rapporte le 11 août le Times, qui cite plusieurs sources.

Les échanges au plus haut niveau militaire seraient interrompus depuis près de quatre ans. Le Times affirme que le dernier entretien entre Valéry Guérassimov, chef d'état-major général des forces armées russes, et son homologue britannique remonterait à septembre 2022, lorsque ce poste était occupé par l'amiral Tony Radakin. Cette chronologie est toutefois contredite par les informations communiquées à l'époque par le ministère russe de la Défense, puis relayées par Reuters.

Un échange entre les deux responsables a bien eu lieu après cette date. Le 24 octobre 2022, Valéry Guérassimov s'était notamment entretenu par téléphone avec Tony Radakin. Selon le ministère russe de la Défense, les deux responsables avaient notamment poursuivi leurs discussions sur la situation liée à une éventuelle utilisation par l'Ukraine d'une « bombe sale ». Ce n'est donc qu'après cette conversation que les contacts semblent s'être interrompus. D'après le Times, de nouvelles tentatives de Tony Radakin pour joindre le général russe seraient ensuite restées sans résultat, Moscou ayant fait savoir que Valéry Guérassimov était trop occupé pour lui répondre. Son successeur, le maréchal en chef de l'Air Richard Knighton, nommé en septembre dernier, aurait lui aussi « tenté » d'établir un contact avec le chef d'état-major russe, sans obtenir de réponse.

La question revient désormais au premier plan à Londres. Toujours selon le quotidien, le nouveau ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, est appelé à rétablir les canaux de communication avec l'armée russe. Plusieurs hauts responsables et diplomates britanniques s'inquiètent en particulier du risque d'une escalade involontaire. Un incident dans les eaux proches du Royaume-Uni pourrait, selon eux, entraîner les deux pays dans une confrontation beaucoup plus large.

John Foreman, ancien attaché militaire britannique à Moscou et à Kiev, a estimé que la « gravité de la situation internationale pourrait justifier de nouvelles méthodes pour maintenir le dialogue ». Un autre ancien haut gradé britannique a de son côté jugé qu'aucune désescalade durable n'était possible en l'absence de communication.

Incident dans la Manche 

Le 16 juin dernier, un incident s'est produit dans la Manche entre la frégate russe Amiral Grigorovitch et un yacht britannique. Selon le ministère russe de la Défense, le yacht britannique suivait une trajectoire susceptible de provoquer une collision avec le bâtiment militaire. Après plusieurs tentatives de prise de contact par radio restées sans réponse, puis l'envoi de signaux sonores et de fusées de signalisation, l'équipage russe a finalement tiré des coups de semonce avec des armes légères alors que les deux navires n'étaient plus séparés que d'environ 150 mètres. Le yacht britannique a alors modifié sa route et s'est éloigné. Aucun blessé ni dégât n'a été signalé. Le ministère russe de la Défense a souligné que l'équipage de la frégate Amiral Grigorovitch avait agi en stricte conformité avec les règles internationales de navigation et pris toutes les mesures nécessaires pour éviter l'incident.

Les relations entre Londres et Moscou étaient déjà au plus bas avant le début de l'opération militaire spéciale russe en Ukraine. En février 2022, quelques jours avant son lancement, Sergueï Choïgou, alors ministre russe de la Défense, avait rencontré son homologue britannique Ben Wallace. Il avait décrit la coopération entre les deux pays comme « pratiquement inexistante », tout en soulignant que Moscou ne souhaitait pas voir la situation se détériorer davantage.